Littérature générale

  • L'amélioration de la santé humaine est une anomalie à l'échelle de l'évolution.
    Pendant des dizaines de milliers d'années, les humains ne vivaient pas plus de trente ans en moyenne. La grande extension de notre espérance de vie a commencé autour des années 1750 en Occident. Lente mais continue, elle est principalement due à la désinfection et à une meilleure alimentation. C'est ainsi que, en deux siècles, notre longévité a doublé. Depuis 1950, les progrès de la médecine et de la pharmacie ont permis de gagner encore vingt-cinq années de vie.
    Mais, en parallèle, les humains ont fait émerger deux énormes risques, environnemental et comportemental, qui causent les maladies chroniques et rendent possible une rétrogression de la santé humaine. La pandémie de Covid-19 n'est pas le fait du hasard. Elle est une illustration sévère des dysfonctionnements des sociétés humaines et notamment de leur rapport à l'environnement. Le SARS-CoV-2 est un produit naturel, mais son émergence et sa persistance sont des produits humains.
    Le grand récit de la santé humaine.

  • "Je peux toucher tes cheveux ? ""Vous fêtez les anniversaires dans ton pays ? ""T'as pas l'air gay, pourtant". "L'important, c'est que tu te sentes bien dans ton corps". "T'as tes règles ou quoi ? "Ces remarques aux faux airs amicaux charrient une tonne de préjugés. Elles sont pesantes précisément parce que les personnes qui les prononcent sont rarement conscientes de leur énormité et des effets qu'elles peuvent produire.
    C'est pourquoi il est important de prendre la mesure de ces micro-agressions et, pourquoi pas, d'en rire. L'idée n'est pas d'organiser le plus grand procès d'intention de l'histoire mais de continuer de militer pour la tolérance afin que chacun puisse vivre paisiblement ses différences. Et puisque ça ne suffira pas, que ces "questions qui tuent" nous fassent hurler, sourire ou pleurer, finalement peu importe, l'idée serait simplement de ne pas s'y habituer.

  • L'Arabie saoudite rivalise avec la Corée du Nord en matière d'atteintes aux droits de l'homme ; d'absence totale de droits de la femme ; d'usage de la torture ; d'intolérance religieuse absolue ; d'interventions militaires extérieures (Bahreïn, Yémen) ; d'absence de liberté de conscience, de la presse et de liberté d'opinion, etc. Une spécificité supplémentaire propre à l'Arabie : la peine de mort pour « blasphème » et l'athéisme assimilé à du terrorisme.

    Longtemps le régime s'est recroquevillé dans sa superbe indifférence avant que la guerre au Yémen ou l'assassinat de Khashoggi ne l'obligent à soigner son image. La solution a donc consisté à contracter avec toutes les sociétés internationales de relations publiques et les cabinets de lobbying, en particulier aux États-Unis et en France.

  • « Nous sommes si étroitement liés à nos quartiers que c'est ainsi qu'on nous désigne : Abdoulaye d'Ourcq et Zak de Danube. Nous avons poussé là, à dix ans d'écart, dans ces deux cités qui ont connu des années de "rivalités interquartiers", comme disent les journaux - de guerre des bandes. Trop souvent se déroule sous nos yeux, encore et encore, la même tragédie. Les garçons continuent de mourir trop tôt, ici plus qu'ailleurs. Alors nous avons décidé d'écrire. » Quartier de combat, c'est l'histoire d'un arrondissement où vibre le pouls d'une époque. C'est une zone vive et rageuse, chargée de détresse et d'humour, où le trafic de drogue a tout balayé mais où l'on pratique l'entraide et la solidarité. C'est le récit de certains petits frères qu'on a vus basculer dans le terrorisme mais aussi celui de réussites éclatantes. En protégeant sa jeunesse d'elle-même mais surtout des inégalités, du racisme, de la discrimination, on verrait éclore une matière brute, or pur, diamant urbain.

    Abdoulaye Sissoko dirige une entreprise de sécurité, Zakaria Harroussi travaille à la Propreté de Paris. Ils sont tous les deux travailleurs associatifs dans l'arrondissement. Ils se sont confiés à la romancière et scénariste Pauline Guéna, auteure notamment de 18.3, Une année à la PJ (Denoël 2020).

  • «C'est la lettre d'une mère à son enfant qui n'existe pas. Une lettre d'une femme qui se demande quelle mère elle aurait été. Une lettre de questionnement, une lettre d'explication, une lettre de justification, une lettre de séparation, une lettre d'amour. C'est aussi la lettre à elle-même d'une femme qui n'est que femme et qui finit par comprendre que c'est déjà ça.» Delphine Apiou n'est pas mère et en a souffert. Un regret qu'elle a apprivoisé, avec lequel elle a appris à vivre et surtout qui ne l'empêche pas d'être une femme accomplie... La lettre qu'elle écrit à l'enfant qu'elle n'a pas eu est bouleversante, drôle, pleine de vie, tellement humaine. Universelle.

  • ça commence avec une personne ; anonymat, histoire(s) d'une contre-culture Nouv.

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