Honore Champion

  • Cette étude propose une interprétation unifiante de l'oeuvre très variée de Fontenelle (1657-1757), à partir de la notion de point de vue, et de son ouvrage le plus célèbre, Les Entretiens sur la pluralité des mondes (1686). L'auteur dégage les implications philosophiques de cet ouvrage de fiction, tout en rayonnant à partir de lui sur le reste de l'oeuvre et en montrant que les questions philosophiques trouvent dans la fiction un traitement plus complexe et souvent plus audacieux. L'auteur dégage ainsi Fontenelle de la dichotomie dans laquelle il a longtemps été enfermé, entre le sérieux sans originalité des oeuvres philosophiques et la frivolité des fictions. Elle dégage la teneur d'une pensée témoignant d'une position qui fait le lien entre les traditions empiristes et spéculative, ce qui donne lieu a des conséquences ontologiques, épistémologiques et politiques originales. Par ailleurs, dans ses positions comme dans ses stratégies d'écriture Fontenelle assure la transition entre les libertins érudits du XVIIe siècle et les philosophes des Lumières. Cette étude rend ainsi à Fontenelle son importance dans l'apparition d'une pensée moderne, et qui se pense comme telle.

  • Le père jésuite Louis-Bertrand Castel (1688-1757) a connu son heure de gloire au XVIIIe siècle grâce à son fameux clavecin oculaire. Partant de l'idée qu'il existe une analogie physique entre le son et la couleur, Castel imagine un clavecin qui dispenserait une musique de couleurs - des couleurs préalablement organisées en gamme sur la base de leurs correspondances naturelles avec les sons. Par-là, Castel cherche à mettre au jour les principes rationnels qui déterminent l'ordre de la nature et à fonder l'art en raison. Dès lors, l'art en vient à témoigner d'une intelligence divine compatible avec la raison et la musique des couleurs. En ce qu'elle rend ces principes fondateurs plus visibles que tout autre art, elle s'apparente à une forme de révélation. La musique colorée permet en outre de sauver l'homme de l'ennui en assurant la pérennité du mouvement et de la surprise, en renouvelant le plaisir de la variété, en satisfaisant l'inconstance naturelle qui le pousse vers d'autres objets de plaisir. De là à promouvoir un art libertin, il n'y a qu'un pas, que Castel franchit à son insu.

  • Contribution à un panorama européen des Lumières, la présente étude se propose de définir l'apport et la place de l'Ukraine dans ce mouvement intellectuel. Après avoir évoqué le contexte politique et culturel à l'Est de l'Europe, l'ouvrage s'attache à dessiner l'image de l'Ukraine du XVIIIe siècle en interrogeant des écrits littéraires, des mémoires, des correspondances des auteurs français et européens ainsi que certains documents d'archives, pour déterminer l'intérêt et l'importance que réservent à ce pays les tenants des Lumières et pour démontrer la diversité de leur réflexion. L'accent est surtout mis sur l'adhésion de l'Ukraine, par la réflexion théorique, par l'action et par l'écriture, aux grandes valeurs des Lumières, parmi lesquelles le progrès de la raison, la diffusion du savoir, le combat pour la liberté. Cette multitude d'approches est assurée par l'Académie Mohyla de Kiev, un milieu éclairé qui a joué le rôle principal dans l'effervescence intellectuelle d'une Ukraine ouverte sur l'Europe. On trouve au sein de cette institution une pléiade d'hommes érudits qui travaillent à la création intellectuelle et une nébuleuse d'auteurs, dont G. Skovoroda. Ce dernier, en offrant une philosophie fondée sur l'interprétation personnelle et originale des grandes questions de l'époque, incarne par excellence le grand homme du siècle ukrainien, comme l'ont fait en France, chacun à leur tour, Fontenelle, Voltaire ou Diderot.


    Tatiana Sirotchouk, Docteur ès Langue et Littérature Françaises, est chargée de cours d'ukrainien à l'INALCO à Paris. Auteur d'une série d'articles et d'un Essai de poétique et de stylistique (Paris-Lviv, 2004) sur Guillaume Apollinaire, elle se consacre actuellement à l'Ukraine comme un cas d'étude particulier dans la connaissance des Lumières européennes.

  • Julie, ou La Nouvelle Héloïse connut, lors de sa publication en 1761, un succès sans guère de précédents dans l'histoiredes lettres françaises et, jusqu'à la fin du siècle, quelques 72 éditions.
    Roman d'amour, mais aussi roman-somme et livre-guide, synthèse aimable des idées de Rousseau qui devient aux yeux de ses lecteurs une sorte de saint laïc et le maître des âmes se nsibles qui ramenait à la vertu les coeurs égarés par la passion. Critiqué, parodié, raillé parfois par les professionnels de lacritique, victime des sarcasmes de Voltaire, ce grand roman n'en eut pas moins un formidable impact sur le public et une influence qui se fera sentir jusqu'au romantisme. La Nouvelle Héloïse devra son succès à un public dont, pour la première fois, on conn aît les réactions spontanées par les lettres d'admirateurs connus, obscurs ou anonymes. Lettres étonnantes, qui ne sont que spasmes et sanglots, délire, larmes de tendresse et de bonheur. Rousseau a eu l'intention de publier ces lettres qu'on rassemble ici, accompagnées d'un dossier contenant les comptes rendus parus dans la presse de l'époque.

  • Cette thèse de doctorat, consacrée aux lettres écrites par Diderot à sa maîtresse Sophie Volland entre 1759 et 1774, suivant l'édition controversée mais sensible d'André Babelon (1930), apporte un regard nouveau sur la genèse de cette correspondance et les ambitions poétiques qui la traversent. Elle s'intéresse à l'effort de l'écrivain pour fonder un langage radical, libre de tout faux-semblant, enrichi d'un projet quasi scientifique visant à enregistrer "chaque mouvement du coeur". Elle évoque sa force érotique jusqu'à l'impossible fusion, selon le paradoxe propre à toute correspondance. Elle présente enfin ces lettres comme un lieu d'expérimentation : portraits, réflexions, conversations, tableaux, paysages, promenades, tous ces essais rendent compte de la diversité du vivant, obsession qui justifia l'omniprésence de la forme épistolaire dans la pensée et l'oeuvre de Diderot.

  • Cet ouvrage entend montrer pourquoi et comment la doctrine politique de Rousseau développe un sens nouveau de l'attachement descitoyens à une république devenue patrie. Cet attachement, bien marqué par l'exigence de "dénaturation", excède l'analyse des conditions et des effets du pacte social. La nature humaine peut être altérée et recevoir de nouveaux principes d'action grâce aux quels elle réagit à ce qui affecte la vie du corps social. L'idée de patrie est ainsi replacée au croisement d'uneréflexion sur les principes du droit politique et d'une problématique de l'appartenance liée à une théorie des passions délivrant un art d'agir sur les hommes.

  • À la différence de Stendhal, Montesquieu ou Rousseau, Diderot n'a pas encore fait l'objet d'un essai de chronologie serrée. Depuis quelques décennies, les progrès de la recherche ayant éclairé certaines zones d'ombre, il est devenu possible de se faire une idée plus précise de l'existence du philosophe. Ce Diderot jour après jour fournit un aperçu très succinct du contenu des lettres de et à Rousseau, et même parfois de correspondances externes qui permettent de fixer des dates et des faits. Sans se substituer ainsi à la biographie, ni à la correspondance elleoemême, elle fournit des points de repère et surtout permet d'embrasser d'un coup d'oeil telle période de la vie de Diderot, de le saisir dans sa vie quotidienne en relevant les faits, déterminants ou insignifiants, qui en ponctuent le cours, de mentionner ses préoccupations, ses relations suivies ou ses rencontres.

  • Qui parle dans les textes et de quel droit ? D'où le texte tire-t-il son degré d'autorité ? Les pensées qui se forment et se manifestent dans les textes leur confèrent-elles une dignité ? Quel degré d'autorité peut-on reconnaître aux fictions ?
    Ces questions se posent avec une extrême acuité au XVIIIe siècle, au moment où les discours se spécialisant, on voit la littérature émerger des Belles-Lettres. Il ne s'agit pas d'une tendance marginale, mais d'une mutation profonde. À bien des égards, le processus des Lumières réfléchit et accroit une crise des autorités traditionnelles. Partout se pose alors le problème du statut des textes et de la légitimité des auteurs. Les écrits de cette époque constituent donc un corpus privilégié pour étudier le statut des énoncés et des oeuvres, en fonction de leur degré de vérité et des genres dont ils relèvent. À partir de cette masse d'informations, on peut aussi chercher à comprendre comment les textes pensent et de quelles façons les idées circulent. C'est l'objet de ce livre.
    Du phénomène matérialiste aux conceptions de la fiction, en passant par les expériences originales de Marivaux et de Prévost, les études réunies ici proposent à la fois une enquête sur le processus des Lumières, et une réflexion sur l'écriture des idées ou les formes-pensantes.

  • En reconnaissant qu'il n'a « fait que de la musique française et n'aime que l'italienne » (Dictionnaire de musique, art.
    « Copiste »), Rousseau avoue tardivement l'embarras dans lequel l'a mis sa conversion à la musique italienne survenue, selon les Confessions, en 1744 à Venise. La profonde contradiction du musicien et du théoricien de la musique, qui l'empêchera jusqu'à la fin de sa vie d'en finir avec la question musicale, culmine durant la Querelle des Bouffons quand le même Rousseau triomphe sur la scène parisienne avec son Devin du village et rejette radicalement le modèle musical français au profit de l'italien dans sa Lettre sur la musique française.
    C'est pourtant à partir de cette conversion suspecte à la musique italienne qu'il élabore progressivement une puissante théorie musicale qui, doublée d'une philosophie de l'origine des langues et de la musique, parviendra à ruiner les fondements de l'esthétique classique française. En s'appuyant à la fois sur une analyse comparative des écrits de théorie musicale et des compositions et sur une analyse littéraire des différents récits de conversion qui jalonnent l'oeuvre de J-J Rousseau, dont la fameuse « Illumination de Vincennes », l'ouvrage révèle l'exceptionnelle fécondité théorique de cette conversion musicale problématique sur l'oeuvre philosophique et littéraire.
    Pensée à la fois comme clef de lecture et comme dispositif d'écriture, la notion de conversion éclaire, renouvelle et enrichit considérablement l'interprétation de l'oeuvre d'un musicien devenu philosophe (presque) malgré lui.

  • La sculpture, art majeur qu'on connaît mal depuis que la peinture l'a supplanté dans notre imaginaire, a basculé au XVIIIe siècle. Et son évolution, plus sensible que celle de la peinture, s'exprime particulièrement bien chez Pigalle ; tout bouge : place du religieux dans l'art, apparition de l'individu et de l'enfant, notion du Beau et du Vrai, émergence du citoyen face au pouvoir, art funéraire... Ce livre analyse ces mouvements, mais examine aussi la place de l'artiste dans la société, celle de ses clients, le goût de l'époque. Il accorde aussi une grande place aux oeuvres elles-mêmes qui restent au coeur de l'analyse de l'artiste et de son temps.

  • L'État moderne, qui articule le principe de souveraineté avec l'affirmation des droits subjectifs et qui rompt avec le modèle impérial du pouvoir, est contemporain de la découverte et de l'exploitation du Nouveau Monde. Il s'agit ici de montrer que les deux processus sont solidaires et qu'il est possible de considérer les élaborations théoriques justifiant la formation des souverainetés étatiques à partir du rapport au Nouveau Monde traversé par la tension entre cosmopolitisme et impérialisme. Une première partie examine la genèse du droit des gens moderne, et la question du cosmopolitisme, à partir de la réflexion de Vitoria sur les « titres » de la conquête. Cette partie s'efforce également de restituer les enjeux liés à la pratique de la piraterie : lutte pour la liberté des mers et expérimentation de nouvelles formes d'association et de liberté qui font écho à la pensée utopique. Une seconde partie met en lumière le rôle des enjeux coloniaux dans l'élaboration de la théorie du pouvoir souverain (sous la forme de la monarchie absolue). Les auteurs convoqués sont Bacon et Hobbes. Enfin une troisième partie prend en charge l'irruption du concept de peuple dans les théories de l'État et examine là encore la manière dont les expériences coloniales informent ce concept. Les références privilégiées sont alors Locke et Rousseau. La Révolution de Saint- Domingue est évoquée en toute fin pour son exemplarité dans la manière dont elle questionne tous les concepts constitutifs de l'État de droit moderne.

  • Ce livre se propose d'éclairer le concept central d'action, soubassement de la construction dramatique, au moyen d'une anatomie du terme dans l'oeuvre d'un des grands auteurs de l'écriture théâtrale : Marivaux (1688-1763). Il s'agit ici d'une plongée dans une oeuvre variée et profuse (36 pièces), réflexion qui s'inscrit contre, tout au moins au-delà du « marivaudage ». On y côtoiera un magicien de la mécanique dramatique aux savoirs étendus et aux éclats permanents d'inspiration, tel qu'en lui-même, au carrefour des multiples courants de pensée, d'imaginaire et de sensibilité du XVIIIe siècle. C'est en somme redécouvrir Marivaux sous un jour inattendu mais essentiel : le dramaturge dans l'antre de la fabrique de ses pièces.

  • Les Incas ou la destruction de l'Empire du Pérou est un ouvrage passionnant par les multiples sources auxquelles il renvoie et par la matière qu'il renferme, qui touche à tout l'espace de l'Amérique centrale, ainsi qu'à une grande partie de celle du Sud. Il nous permet de faire le point sur le long courant d'intérêt pour l'Amérique, né quelques années seulement après la conquête et qui avait vu, au long de presque trois siècles, s'entasser les chroniques en langue originale, promptement traduites, les récits de voyages, les ouvrages de réflexion sur l'Amérique et son histoire, les divertissements aussi, de toute nature, opéra, opéra-comique, ballets, pièces de théâtre. Comment Jean-François Marmontel, fils d'un obscur tailleur limousin devenu académicien et historiographe de France, qui n'avait quasiment jamais franchi les frontières de son pays, a-t-il pu avoir l'idée d'écrire un livre consacré à l'Amérique et dédié au roi de Suède ? Cet ouvrage, qui comble une lacune dans l'histoire littéraire, traque le regard que cet homme du XVIIIe siècle a pu porter sur cette Amérique qu'il n'avait jamais vue qu'en gravures, sur la terre et ses habitants, sur la conquête et la destruction des empires qu'elle avait abrités et sur l'Évangélisation telle qu'elle aurait pu être si Bartolomé de Las Casas en avait été le seul artisan. Il cherche aussi à dégager ce regard de la gangue des calculs politiques et du prisme déformant des sources.

  • Le Journal de Trévoux est incontestablement un des grands périodiques d'érudition de l'Europe du XVIIIe siècle. Créée par les jésuites, qui l'éditent pendant plus d'un demi-siècle (1701-1762), la revue s'efforce de couvrir l'ensemble de l'actualité éditoriale de son temps. C'est sans doute sous la direction du P. Berthier (1745-1762) que la publication jésuite atteint son apogée en proposant à ses lecteurs une formule qui, tout en restant religieusement très orientée, allie érudition, ouverture d'esprit et sens critique. La formule plaît : au cours de cette période le tirage augmente sensiblement de même que la masse éditoriale et la revue est rééditée en Hollande, en Espagne et en Italie. Mais cette séquence est de courte durée. Le Journal de Trévoux est confronté au cours des années cinquante aux attaques du parti philosophique, de plus en plus vives à partir de la parution de l'Encyclopédie, et à celles, non moins redoutables, des jansénistes. Le procès fait aux jésuites et la brouille survenue entre les éditeurs du périodique précipitent la fin de cette aventure éditoriale. L'apogée du journal précède de peu la chute. L'étude de ce moment de basculement est riche en enseignements sur l'histoire de la Compagnie de Jésus, sur celle du journalisme d'érudition et sur le vaste mouvement des idées et l'évolution des esprits.

  • L'Encyclopédie propose une nouvelle configuration de la morale comme objet à la fois autonome et foncièrement articulé à d'autres grands domaines du savoir. Le concept de morale devient la porte d'entrée d'une science des moeurs plus vaste qui comprend notamment la politique et le droit. Il n'y a pas de science juridique ni de science politique possibles au XVIIIe siècle sans que celles-ci s'inscrivent dans une réflexion proprement morale sur les moyens et les fins de la politique, sur le bonheur, sur la liberté, sur le rôle de la loi et du législateur.

    Mais le travail de l'Encyclopédie vise d'abord à synthétiser l'ensemble des propositions nouvelles élaborées par la réflexion philosophique en matière de morale plutôt que de définir un corps de doctrine unanimement accepté. Construction dialogique, l'Encyclopédie manifeste à la fois une sorte de doxa commune et des interprétations singulières d'une même question.

    Lire l'Encyclopédie aujourd'hui, c'est donc en quelque sorte procéder à une sorte de remémoration critique de la réflexion morale des Lumières jusqu'au point où elle trouve son origine. Se dessine ainsi une éthique de la discussion, c'est-à-dire une éthique où chaque collaborateur ne se découvre que par la mise en regard de son propre point de vue avec ceux des autres. La mise en forme du Dictionnaire, du fait de la classification toujours problématique de ses multiples entrées pour un même sujet, du fait aussi de la diversité de ses rédacteurs, est à la fois le lieu où s'engendre un public capable de supporter cette polyphonie méthodique, et où apparait une manière inédite de représenter la complexité idéologique du siècle.

  • Si, jusque dans les années 1750, la Querelle des Anciens et des Modernes continue de marquer les esprits et d'orienter les choix politiques, philosophiques et esthétiques, c'est qu'elle fut, bien davantage qu'une guerre de positions, un moment de débats intenses. Les chercheurs qui ont participé à cet ouvrage - spécialistes de littérature, de musicologie, de philosophie ou d'histoire des idées - se sont attachés à mettre en lumière les positionnements complexes des hommes engagés dans la Querelle, la subtilité des débats, voire la marginalité significative de certaines figures. Il en résulte une image nouvelle de ce moment où, de la théologie à la théorie et à la pratique musicales, de la philosophie à la place des femmes dans une société en pleine mutation, tout est soumis à l'examen d'un esprit confiant dans sa force. Se revendiquer Moderne, c'est avant tout épouser le dynamisme engendré par une nouvelle manière de penser qui favorise l'exercice de la raison critique mais invite aussi à une liberté de créer et de développer une expérience sensible transcendant tous les clivages. En atteste l'évolution d'un goût de plus en plus informé et ouvert aux audaces.

  • Pierre de Nolhac trouvait que Richard Mique était " digne de plus de gloire ". Muriel de Raïssac le qualifiait d'" oublié de l'Histoire " car, jusqu'à présent, aucun historien d'art ne s'était vraiment penché sur la carrière, la vie, l'oeuvre de cet architecte qui fut d'abord au service du roi Stanislas en Lorraine, puis après sa mort, à celui de sa fille la reine Marie Leczinska qui lui commanda un couvent à Versailles. À la mort de la Reine, Madame Adélaïde reprit le projet de sa mère et le mena à bien ; c'est aujourd'hui le lycée Hoche. Marie-Antoinette lui confia l'aménagement de son Jardin Anglais à Trianon ainsi que des décors pour ses appartements à Versailles, au Petit Trianon, à Fontainebleau et à Saint-Cloud. Pour Mesdames, filles de Louis XV, il travailla dans leur domaine de l'Ermitage à Versailles, puis à Bellevue. Pour Madame Louise, il créa au couvent de Saint-Denis une ravissante chapelle néo-classique. La vie de Richard Mique est, à bien des égards, un roman avec l'apparition soudaine d'un faux frère qui lui créa beaucoup de déboires. À la Révolution, il se cacha près de Dol en Bretagne chez son gendre où il fut arrêté. Il mourut sur l'échafaud quelques jours avant la chute de Robespierre.

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