Des Equateurs

  • Un été avec Rimbaud Nouv.

    Puisque l'époque nous assigne à résidence, prenons la fuite et passons l'été à bord du bateau ivre de la poésie : Arthur Rimbaud.
    Sylvain Tesson s'attaque au mythe Rimbaud en le sortant de la kermesse biographique et en le dépoussiérant de ses vieux habits de jeune monstre de la poésie : Rimbaud anarchiste, communard, voyou, punk, beatnik, sauvage, avant-gardiste, moderne, trouvère, futuriste... Certes mais surtout Rimbaud, poète.
    A ses côté, Sylvain Tesson marche et traverse les paysages réels ou imaginaires suivant le cap tracé par René Char : « Rimbaud poète, cela suffit et cela est infini » A la vitesse de l'éclair mais aussi avec humour et lucidité, des Ardennes au désert africain Sylvain Tesson en voyageur aventureux perce à jour le voyant monstrueux qui révolutionna la poésie et qui n'avait qu'un ennemi : l'ennui.
    Un été particulièrement incandescent où la route est une illumination.
    Un été avec Rimbaud est le 9 e titre de la collection.

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  • L'Iliade est le récit de la guerre de Troie. L'Odyssée raconte le retour d'Ulysse en son royaume d'Ithaque. L'un décrit la guerre, l'autre la restauration de l'ordre. Tous deux dessinent les contours de la condition humaine. À Troie, c'est la ruée des masses enragées, manipulées par les dieux. Dans l'Odyssée on découvre Ulysse, circulant entre les îles, et découvrant soudain la possibilité d'échapper à la prédestination. Entre les deux poèmes se joue ainsi une très violente oscillation : malédiction de la guerre ici, possibilité d'une île là-bas, temps des héros de côté là, aventure intérieure de ce côté ci.

    Ces textes ont cristallisé des mythes qui se répandaient par le truchement des aèdes dans les populations des royaumes mycéniens et de la Grèce archaïque il y a 2500 ans. Ils nous semblent étranges, parfois monstrueux. Ils sont peuplés de créatures hideuses, de magiciennes belles comme la mort, d'armées en déroute, d'amis intransigeants, d'épouses sacrificielles et de guerriers furieux. Les tempêtes se lèvent, les murailles s'écroulent, les dieux font l'amour, les reines sanglotent, les soldats sèchent leurs larmes sur des tuniques en sang, les hommes s'étripent et une scène tendre interrompt le massacre pour nous rappeler que les caresses arrêtent la vengeance.

    Préparons-nous : nous passerons des fleuves et des champs de bataille, nous serons jetés dans la mêlée, conviés à l'assemblée des dieux, nous essuierons des tempêtes et des averses de lumière, nous serons nimbés de brumes, pénétrerons dans des alcôves, visiterons des îles, prendrons pied sur des récifs. Parfois, des hommes mordront la poussière, à mort. D'autres seront sauvés. Toujours les dieux veilleront. Et toujours le soleil ruissellera et révèlera la beauté mêlée à la tragédie. Des hommes se démèneront pour mener leurs entreprises mais derrière chacun d'eux, un dieu veillera et jouera son jeu. L'Homme sera-t-il libre de ses choix ou devra-t-il obéir à son destin ? Est-il un pauvre pion ou une créature souveraine ?

    Les poèmes auront pour décor des îles, des caps et des royaumes dont un géographe, Victor Bérard, effectua dans les années 1920 une très précise localisation. La Mare Nostrum est ce haut lieu d'où a jailli l'une des sources de notre Europe, qui est la fille d'Athènes autant que de Jérusalem.

    Mais une question nous taraude. D'où viennent exactement ces chants, surgis des profondeurs, explosant dans l'éternité ? Et pourquoi conservent-ils à nos oreilles cette incomparable familiarité ? Comment expliquer qu'un récit de 2500 ans d'âge, résonne à nos oreilles avec un lustre neuf, un pétillement aussi frais que le ressac d'une calanque ? Pourquoi ces vers paraissent-ils avoir été écrits pas plus tard qu'aujourd'hui, par un très vieux poète à la jeunesse immortelle, pour nous apprendre de quoi seront fait nos lendemains ? En termes moins lyriques (Homère est le seul maître en la matière) d'où provient la fraîcheur de ce texte ? Pourquoi ces dieux et ces héros semblent malgré la terreur qu'ils inspirent et le mystère qui les nimbe, des êtres si amicaux ?

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  • Après Montaigne, Antoine Compagnon nous invite à passer un été avec Pascal. Un siècle de différence entre les deux hommes qui sont tous les deux fondateurs de notre modernité, c'est-à-dire de la liberté d'esprit. Pascal (XVIIe siècle) comme Montaigne (XVIe siècle) traite de l'homme, de la société, de l'univers, du pouvoir, de la foi, de l'angoisse, de la mort, du jeu : le tout et le rien. Nous connaissons tous les sentences célèbres de Pascal : "Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie", "Qui veut faire l'ange fait la bête", "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point".
    Antoine Compagnon évoque à la fois la vie du génie Pascal (auteur du traité des Coniques), tout en allant chercher la signification de ses pensées elliptiques. Avec cette tournure d'esprit combinatoire, Pascal explore tous les possibles de la réflexion. En quarante et un chapitres (dont six inédits) il s'intéresse aussi bien à la question de la violence et de la vérité, de la tyrannie, à l'esprit de finesse, au divertissement et au juste milieu.
    Antoine Compagnon nous fait découvrir l'écrivain du miracle et de la grâce dont la pensée permet de mieux nous connaitre.

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  • A côté d'une Venise de l'évidence se cache une Venise inconnue, celle des églises jamais ouvertes. Jean-Paul Kauffmann a voulu forcer ces portes solidement cadenassées, un monde impénétrable où des chefs-d' oeuvre dorment dans le silence. Qui en détient les clefs ? Ce récit, conduit à la manière d'une enquête policière, raconte les embûches pour se faire ouvrir ces édifices. L'histoire est partie d'une église d'Ille-et-Vilaine où, enfant, l'auteur servait la messe.
    Il s'y ennuyait souvent, mais, dans ce sanctuaire, il a tout appris. Là, est née la passion de se voir livrer le secret de la chose ignorée ou défendue. Il a poursuivi cet exercice de déchiffrement à Venise, la ville de la mémoire heureuse, pourtant attaquée sans relâche par le tourisme mondialisé. Depuis un appartement de la Giudecca où il s'est installé pendant des mois, il a arpenté une Venise hors champ.
    Il a trouvé aussi ce qu'il ne cherchait pas. Venise à double tour est un livre sur le bonheur de voir et la jubilation dispensée par la ville qui exalte les cinq sens. On y croise, parmi d'autres, Jacques Lacan, Hugo Pratt, une belle restauratrice de tableaux, une guide touristique souveraine, un Cerf blanc, le propriétaire d'un vignoble vénitien et un Grand Vicaire, maître de l'esquive.

  • Après un coup de tonnerre du destin, Édouard Cortès choisit de se réfugier au sommet d'un chêne, de prendre de la hauteur sur sa vie et notre époque effrénée. À presque quarante ans, il embrasse femme et enfants, supprime ses comptes sur les réseaux sociaux et s'enfonce dans une forêt du Périgord pour un voyage immobile. Là, dans une cabane construite de ses mains, il accomplit son rêve d'enfant : s'enforester, rompre avec ses chaînes, se transformer avec le chêne, boire à la sève des rameaux. Ce printemps en altitude et dans le silence des bois offre une lecture de la nature qui ne se trouve dans aucun guide ou encyclopédie. Le chêne si calme abrite un cabinet de curiosités et accorde pen­dant trois mois à l'homme perché une rêverie sous les houppiers et les étoiles. Il faut savoir parfois contempler une colonie de fourmis savourant le miellat, écouter un geai ou un couple de mésanges bleues, observer à la loupe des champignons et des lichens pour comprendre le tragique et la poésie de notre humanité. Afin de renouer avec l'enchantement et la clarté, l'homme-arbre doit couper certaines branches, s'alléger et se laisser traverser par la vie sauvage avec le stoïcisme du chêne.

  • Françoise Hardy est l'une des chanteuses les plus littéraires et iconiques. À la fois auteure et compositrice, elle a réuni dans ce livre attendu toutes les chansons qu'elle a écrites en plus de 55 ans de carrière. De 1962, année de Tous les garçons et les filles à 2018, année de l'album Personne d'autre, Françoise Hardy pose un miroir le long de son chemin musical. Des textes qu'elle accompagne d'un commentaire, d'une anecdote, d'un souvenir. Elle raconte les sources de son inspiration, le cadre de son écriture, évoque les personnages qui comme de bonnes fées se sont penchées sur ses textes. L'amour, l'attente, le manque en sont le thème central. « Depuis longtemps maintenant, je pense qu'il importe davantage d'aimer que d'être aimé, et tant mieux s'il existe une vraie réciprocité "l'amour n'est souvent qu'un immense égoïsme" a écrit le grand écrivain Sandor Marai. » Dans ce livre où l'on croise des personnalités hors-norme comme Jean-Marie Périer, Etienne Daho, Véronique Sanson, Michel Berger, Serge Gainsbourg et bien-sûr le grand Jacques Dutronc, on rit, on pleure, on se souvient, on s'aime et on danse. Car le ton piquant, sensible alerte, souvent drôle de Françoise Hardy fait de ce recueil totalisant d'une vie un éloge de la vie.

  • Pour ralentir la fuite du temps, sylvain tesson parcourt le monde à pied, à cheval, à vélo ou en canot.
    Dans les steppes d'asie centrale, au tibet, dans les forêts françaises ou à paris, il marche, chevauche, mais escalade aussi les monuments à mains nues. pour mieux embrasser la terre, il passe une nuit au sommet de notre-dame de paris, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, recourt aux cabanes. cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. dans nos sociétés de communication, sylvain tesson en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux.
    Ce petit traité sur l'immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l'ordre établi.

  • « Il y a deux Paul Valéry : celui des petits classiques illustrés [...] et le sacripant drolatique, l'anar espiègle, le gamin salace aux mauvaises pensées, «l'esprit le plus méphistophélique de notre littérature», sans parler du coureur et du farceur. Oui, cela fait deux en un : le bienséant et le frondeur, l'homme d'institution et l'irréconcilié. » L'été sied à Paul Valéry (1871-1945), ce solaire impénitent qui nous enjoint de plonger dans la mer pour mieux renaître. Même en maillot de bain, ce grand amoureux des femmes, de la peinture et de la musique, reste un homme du trait, du brillant, de l'éclat, du paradoxe et du charnel. Son oeuvre dessine une rose des vents. L'auteur de l'universel Cimetière marin est aussi « un lanceur d'alerte » sur la fragilité de notre civilisation et de notre société mondialisée.

    Paul Valéry, notre contemporain brûlant, est un poète à lire de toute urgence par temps de détresse.

    Régis Debray est philosophe, essayiste et romancier.

    Un été avec Paul Valéry est à l'origine une série d'émissions diffusées pendant l'été 2018 sur France Inter.

  • Nous devrions apprendre par coeur l'Iliade et l'Odyssée, comme des tubes de l'été, car les deux récits d'Homère constituent non seulement la musique de notre humanité mais recèlent aussi tout notre avenir. Après le succès d'Un été avec Homère, Sylvain Tesson est parti à bord d'un voilier sur les traces d'Ulysse. Pendant plusieurs semaines, il a sillonné la Méditerranée, plongé dans la mare nostrum, escaladé des volcans, rencontré des savants et des déesses de la culture, comme Andrea Marcolongo, l'auteure de La langue géniale : 9 bonnes raisons d'aimer le grec, qui ont éclairé son odyssée.
    Ce livre est donc à la fois la version illustrée d'Un été avec Homère (200 000 exemplaire vendus), mais aussi le supplément à ce voyage homérique. Il contient des légendes inédites de Sylvain Tesson, véritables poèmes en prose et des tableaux de la peintre voyageuse, Laurence Bost. A cela s'ajoutent des photos en noir et blanc du photographe Frédéric Boissonnas qui dans les années 1920 accompagna Victor Bérard, le traducteur d'Homère, pour identifier les lieux de la géographie ullyssienne.
    Un livre fabuleux de voyage, de culture et d'embruns.

  • « Les gens seraient étendus sur la plage ou bien, sirotant un apéritif, ils s'apprêteraient à déjeuner, et ils entendraient causer de Montaigne sur le poste. Quand Philippe Val m'a demandé de parler des Essais sur France Inter durant l'été, quelques minutes chaque jour de la semaine, l'idée m'a semblé très bizarre, et le défi si risqué que je n'ai pas osé m'y soustraire.
    D'abord, réduire Montaigne à des extraits, c'était absolument contraire à tout ce que j'avais appris, aux conceptions régnantes du temps où j'étais étudiant. À l'époque, l'on dénonçait la morale traditionnelle tirée des Essais sous la forme de sentences et l'on prônait le retour au texte dans sa complexité et ses contradictions. Quiconque aurait osé découper Montaigne et le servir en morceaux aurait été aussitôt ridiculisé, traité de minus habens, voué aux poubelles de l'histoire comme un avatar de Pierre Charron, l'auteur d'un Traité de la sagesse fait de maximes empruntées aux Essais. Revenir sur un tel interdit, ou trouver comment le contourner, la provocation était tentante.
    Ensuite, choisir une quarantaine de passages de quelques lignes afin de les gloser brièvement, d'en montrer à la fois l'épaisseur historique et la portée actuelle, la gageure paraissait intenable. Fallait-il choisir les pages au hasard, comme saint Augustin ouvrant la Bible ? Prier une main innocente de les désigner ? Ou bien traverser au galop les grands thèmes de l'oeuvre ? Donner un aperçu de sa richesse et de sa diversité ? Ou encore me contenter de retenir certains de mes fragments préférés, sans souci d'unité ni d'exhaustivité ? J'ai fait tout cela à la fois, sans ordre ni préméditation.
    Enfin, occuper l'antenne à l'heure de Lucien Jeunesse, auquel je dois la meilleure part de ma culture adolescente, c'était une offre qui ne se refuse pas ».

    En 40 chapitres, Antoine Compagnon interprète Montaigne d'une façon claire, limpide, drôle. De l'engagement jusqu'au trône du monde en passant par la conversation ou l'éducation. Professeur au collège de France, ce grand spécialiste de l'autobiographie nous présente un Montaigne estival qui permet de bronzer notre âme.

    L'été avec Montaigne bénéficiera d'une forte promotion sur l'antenne de France Inter (Messages et émissions).

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  • Marcel Proust se répétait Chant d'automne de Baudelaire :
    « J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre/ Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer / Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre / Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer ».

    Peut-être aucun poète ne nous t-il a laissé autant d'images durables et de vers mémorables. Il fut le poète du crépuscule, de l'ombre, du regret, de l'automne. Mais il est l'homme de tous les paradoxes. Il y a d'ailleurs chez lui une perpétuelle nostalgie du soleil sur la mer, du soleil de midi en été : «Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ».
    L'été pour Baudelaire fut celui de l'enfance. Un été à jamais révolu. Et sa poésie est aussi la recherche de ce paradis perdu. Moderne et antimoderne, Baudelaire est d'une certaine manière notre contemporain. Aucun poète n'a mieux parlé des femmes - des femmes et de l'amour - que Baudelaire dans quelques poèmes sublimes comme La Chevelure ou L'invitation au voyage.

    Ce fut un homme blessé, un cruel bretteur, un fou génial, un agitateur d'insomnies.
    Baudelaire aura été l'un des plus lucides observateurs de la désacralisation de l'art dans le monde moderne, lui qui admirait tant la peinture de Delacroix et de Manet. Dandy et proche des chiffonniers, anarchiste de gauche puis de droite, il fut l'homme de tous les paradoxes et originalités.

    En 30 chapitres qui sont autant de diamants noirs, Antoine Compagnon aborde le réalisme et le classicisme de Baudelaire, le rôle de Paris et de Honfleur, de la ville et de la mer mais aussi le rire, la procrastination et le catholicisme. Dans le même esprit qu'Un été avec Montaigne, « à sauts et à gambades », Antoine Compagnon nous fait redécouvrir Les Feurs du mal et Les Petits poèmes en prose en nous faisant partager un Baudelaire inclassable et irréductible.

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  • Il y a cent ans, le premier tome de À la recherche du temps perdu était publié et allait révolutionner le paysage littéraire mondial.
    Rares sont les lecteurs qui osent encore s'abandonner à la prose si particulière de La Recherche et aux messages que délivre son auteur, Marcel Proust...
    L'été avec Proust est l'occasion d'explorer les sept tomes de ce roman, à travers ses grandes lignes fondatrices et bien sûr ses plus belles pages, en compagnie d'un spécialiste, d'un écrivain ou philosophe.
    Antoine Compagnon aborde ainsi la conception très singulière du temps proustien, alors que Jean-Yves Tadié présente quelques personnages-clés du roman.
    Jérôme Prieur et Nicolas Grimaldi traitent respectivement des mondanités et des tourments amoureux.
    Julia Kristeva évoque les pouvoirs de l'imagination, Michel Erman dévoile les lieux les plus emblématiques de La Recherche, alors que Raphaël Enthoven nous montre que Proust n'est pas seulement romancier, mais aussi philosophe.
    Enfin, le livre s'achève avec Adrien Goetz sur le sujet de la création artistique et littéraire, ambition suprême du narrateur et de Proust lui-même.

    Un été avec Proust est, à l'origine, une série d'émissions diffusées pendant l'été 2012 sur France Inter.

  • Chaque fois qu'une tempête s'annonce dans l'Histoire, on convoque Machiavel, car il est celui qui sait philosopher par gros temps. En effet, depuis sa mort en 1527, on ne cesse de le lire, et toujours pour s'arracher à la torpeur. Mais que sait-on de cet homme hormis le substantif inventé par ses contempteurs pour désigner cette angoisse collective, ce mal politique, le machiavélisme ?

    Né dans une république de princes, la Florence oligarchique de la Renaissance et de Savanarole, Machiavel est très tôt sensible à la politique. Premier secrétaire de la Seconde chancellerie, historien, dramaturge, poète, philosophe, politologue avant l'heure, admirateur des peintres, des ingénieurs, des médecins et des cartographes, incorrigible provocateur, Machiavel est surtout un très fin spectateur. En Europe, il voyage, scrute les rapports de force qui meuvent les hommes, renifle les remugles du pouvoir. Il s'étonne de voir, qu'en France, Louis XII tient son peuple d'une main de fer et que ce dernier ne l'en aime que davantage. Peu à peu, l'homme aiguise son style. Chez lui, tout est bon pourvu que l'on puisse exercer l'art du mot juste, « la vérité effective de la chose » : « L'amour est préférable, mais la force, parfois, inévitable ».

    La chance de Machiavel est d'avoir toujours été déçu par les hommes d'État qu'il a croisés sur son chemin. C'est pour cela qu'il a dû inventer son Prince de papier. Si le livre s'attache à dissocier l'action politique de la morale commune, la question demeure aujourd'hui encore de savoir, non pas pourquoi, mais pour qui écrit Machiavel. Pour les princes ou pour ceux qui veulent leur résister ? Et qu'est-ce que l'art de gouverner ? Est-ce celui de prendre le pouvoir ou celui de le conserver ? Qu'est-ce que le peuple ? Peut-il se gouverner lui-même ? Pensez-vous que les bonnes lois naissent de législateurs vertueux ? La fin peut-elle justifier les moyens ? Au-delà de conseils cyniques aux puissants, Machiavel s'interroge en profondeur sur l'idée de la souveraineté populaire car « le peuple connaît celui l'opprime ».

    Avec verve et une savoureuse érudition, Patrick Boucheron nous éclaire sur cet éveilleur inclassable, visionnaire et brûlant comme un soleil d'été sur la terre toscane. Et avec lui, nous écoutons Machiavel, comme tous les autres avant nous, au futur.

    Un été avec Machiavel est à l'origine une série d'émissions diffusées pendant l'été 2016 sur France Inter.

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  • Victor Hugo rêvait d'être « Chateaubriand ou rien ». Sa vie et son oeuvre dépasseront cette ambition. Il sera un océan à lui seul : romancier, poète, dramaturge, pamphlétaire, académicien, pair de France, député. Tout en conservant le génie de l'enfance, Victor Hugo empoigna le XIXème siècle, combattit les injustices, la peine de mort, et toutes les formes d'aliénation. Il croyait au mouvement, au progrès. Son défi était de n'avoir jamais peur. Malgré les épreuves, les deuils familiaux, l'exil, Victor Hugo choisit de vivre : « Je suis celui que rien n'arrête/Celui qui va ». Il mit sa force, son souffle dans l'amour des siens, la conquête des femmes, la création et la passion de l'humanité : « Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une ».

    Passer un été avec Victor Hugo ce n'est pas seulement se reposer à l'ombre d'un géant mais aussi voyager en sa compagnie, aimer jusqu'à l'épuisement et partager son sens de l'humour loin de l'image scolaire.

  • Suzanne

    Frédéric Pommier

    « Elle s'appelle Suzanne et elle a 95 ans. Malgré les drames, elle a toujours aimé la vie.

    A l'école, c'était la première en sprint. Puis, elle est devenue un grande joueuse de tennis. Elle adorait rouler vite et rêvait de faire des rallyes automobiles. Elle a toujours voulu tout voir, tout faire, tout lire, tout visiter. Elle dit tout haut ce qu'elle pense, et tant pis si ça vexe. Elle ne sait pas mentir. Elle ne sait pas pleurer non plus. Sauf quand elle est heureuse. . Jamais quand elle a mal ou qu'elle a du chagrin. Elle a du caractère et ne se laisse pas faire. Elle déjeune en terrasse, quelle que soit la saison. Elle ne boit jamais d'eau, que du rosé ou de la bière, c'est plus désaltérant. Elle aime les plats en sauces et la cuisine à la crème - on ne renie pas ses origines, Suzanne est née en Normandie.

    Elle est née le 5 juin 1922 rue de la Solitude, à Sainte-Adresse, près du Havre. Sa mère ne l'aimait pas, et c'était réciproque. Avec son père, c'était la passion. Lui était artiste ; ils se comprenaient. Elle s'est mariée pendant la guerre. Un très beau mariage à Laval, en pleine occupation. Son mari était avocat à Laval. Ils allaient au théâtre, ils recevaient, beaucoup. La petite bourgeoisie de province des années 50. Elle avait le goût du spectacle et de la mise en scène. Elle rêvait de New-York et de Jérusalem. Elle rêvait d'être comédienne. Elle a connu des tragédies.

    Un à un, Suzanne a perdu tous les hommes de sa vie. Son petit frère, son fils, son père, son mari. Elle avait quarante ans, et elle dit que, pour elle, tout s'est arrêté ce jour-là. Après, il n'y a plus eu de fêtes, il y a eu moins d'amis. Seule, Suzanne a élevé ses quatre filles, auxquelles elle a tenté d'inculquer l'essentiel : faire bonne figure, toujours, et en toutes circonstances, garder le sens de l'humour.

    Mais il y a quelque temps, elle a commencé à perdre l'équilibre. Elle est tombée plusieurs fois. Impossible de se relever. Impossible de rester chez elle. Elle a dû tout vendre ou donner. Adieu l'appartement, les meubles et les souvenirs. Après avoir vaillamment traversé les tourments du siècle, elle vit maintenant dans un EHPAD, un Etablissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes.

    Là-bas, son existence ressemble à une bouillie insipide servie dans des plateaux en plastique. Des remarques infantilisantes, des humiliations, des objets qui disparaissent... Elle sait qu'il y a pire ailleurs : des surdoses de médicaments, des injures voire des coups - des coups sur le petit papy, des coups sur la petite mamie... Comme si la fin de la vie n'était déjà plus de la vie. Suzanne ne mange presque plus. Elle a beaucoup maigri. « Il est très efficace, leur programme minceur », souffle-t-elle avec ironie.
    Depuis qu'elle quitté son domicile, elle a perdu près de vingt kilos. Et moi, quelques grammes d'humour, parce que cette vieille dame de 95 ans, Suzanne, c'est ma grand-mère. »

  • En plein désert, un géologue rencontre la princesse Greta qui débarque sur terre et lui dit d'un ton farouche et impérieux: "Dessine-moi une chauve-souris!" La princesse Greta vit sur une minuscule planète, 100% bio où la ouche d'ozone est très pure. Mais des insectes menacent ses plants de quinoa et seule une chauvesouris peut les chasser de façon éco-responsable.
    Mais avant d'arriver sur terre, Greta a fait escale sur différents astéroïdes : l'astéroïde Charlie (Chaplin) l'astéroïde Ernesto (Guevara), l'astéroïde Frank (Sinatra), l'astéroïde, Karl (Marx), l'astéroïde Nelson( Mandela), l'astéroïde Janis (Joplin), l'astéroïde Albert (Einstein).
    A chaque fois s'établit un échange piquant sur l'esprit d'enfance, le capitalisme, la révolution, la violence, le rock, la méchanceté des hommes, la nature. Jusqu'au jour où la princesse rencontre un pangolin, animal hautement philosophique, menacé par la race humaine, qui lui enseigne le langage du coeur et de l'amour.

  • William est une autobiographie qu'on ne lâche plus dès la première ligne. Elle révèle un écrivain véloce, d'une rare sensibilité, qui ne craint pas l'aveu sans jamais se départir de la pudeur des grands artistes. Un document exceptionnel, grand public.
    Une enfance marquée par un secret, l'identité de son père, et un double enracinement : le Paris des années 50, des 4 CV et l'Amérique des Cadillac, car sa mère Paulette tombe amoureuse d'un Américain qui travaille dans des boîtes de jazz : long séjour dans l'Ohio à deux heures de route du Michigan où vit le père naturel de William, sans qu'il le sache alors.
    Une prédisposition évidente pour la musique, le piano. Un éducation musicale prodiguée par Yves Margat, un maître de l'harmonie, élève de Fauré. Et puis l'influence de la musique pop anglaise.
    Les premières auditions, le succès planétaire de My year is a day dont il compose la musique, la rencontre avec Barbara pour qui il travaille et chez qui il vit, et puis une femme, deux enfants. Une vie de père de famille et de vedette du show-biz qui sait choisir ses amis : folles expéditions avec Nicoletta et Patrick Juvet à Trouville, si importante dans la géographie zigzagante. Les nuits de folie, la cocaïne, l'ambiguïté sexuelle.
    C'est une vie qui va vite, constellée d'étoiles et d'astres déchus. Et une oeuvre admirée par toutes les générations de Véronique Sanson, à Jeanne Cherhal.

  • Le monde en 2040 vu par la CIA Nouv.

    Tous les 4 ans, à chaque élection présidentielle américaine, le National Intelligence Council (NIC), le cerveau prospectif de la CIA, fournit un rapport au nouvel élu de la Maison Blanche sur le monde des 20 prochaines années.
    Un monde contesté, telle est ligne principale de ce rapport. La pandémie de Covid 19 a ébranlé la confiance entre gouvernants et gouvernés. Les gens descendront de plus en plus dans les rues. Ce ne sont pas seulement les pouvoirs forts ou dégradés qui seront remis en cause mais aussi les démocraties.
    L'une des tendances les plus certaines au cours des 20 prochaines années sera un changement démographique majeur : la croissance de la population mondiale ralentira et le monde vieillira. La pression migratoire, accentuée par le stress hydrique et le manque d'eau, mettra économies et sociétés à rude épreuve.
    En 2050 : la moitié des urbains vivra dans les pays pauvres.
    La fracture numérique risque de fragmenter les populations et les pays. La finance, la santé, le logement seront de plus en plus connectés. L'intelligence artificielle (IA) jouera donc un rôle majeur et les pays qui exploiteront les gains de productivité liés à L'IA verront s'élargir leurs possibilités économiques. Les acteurs non étatiques (superstars de la technologie, ONG, groupes religieux) seront en mesure de concurrencer voire de contourner les États.
    Sur le plan international, le pouvoir s'élargira à de nouveaux pays mais les USA et la Chine exerceront la plus grande dynamique en imposant des choix tranchés aux autres acteurs. La dégradation climatique provoquera une activité renforcée des grands ouragans et une augmentation de 2, 50 °c pour le jour le plus chaud de l'année.
    Tout n'est pas pessimiste selon ce rapport. Dans les scénarios d'avenir (il y en au moins 5 majeurs) dressés par le NIC : une coalition mondiale menée par l'Europe et la Chine mettra en oeuvre des changement majeurs contre la lutte climatique et une renaissance démocratique est possible.
    Le monde en 2040 selon la CIA est préfacé par Piotr Smolar, spécialiste des relations internationales, grand reporter au Monde.

  • Brillant programmeur à la vision politique acérée, pour les pionniers du web, Aaron Swartz est un génie, pour les progressistes un sauveur, pour les autorités américaines, l'homme à broyer. Internet, miroir aux alouettes dans lequel l'humanité se noiera, doit rester un outil de contrôle des populations. Il faut arrêter Aaron.
    Pris en tenaille sur Lee Street, il tombe de vélo, se retrouve couché sur le capot, mains dans le dos, ferré comme un criminel. Le gouvernement dégaine l'arme nucléaire : trente-cinq ans de prison, un million d'amende, l'interdiction de toucher à un ordinateur à vie. Aaron refuse toute négociation, veut un procès, laver son honneur et exposer l'injustice. Il est retrouvé pendu dans sa chambre à Brooklyn, à quelques semaines de l'ouverture de son procès, le 11 janvier 2013.

  • Pendant trois ans, Gulbahar Haitiwaji a enduré des centaines d'heures d'interrogatoire, la torture, la faim, la violence policière, le bourrage de crâne, la stérilisation forcée, le froid, les nuits sous le néon d'une cellule, les mécanismes de la destruction humaine.

    Née dans le Xinjiang, la province des Ouïghours en Chine, Gulbahar vivait en France depuis de longues années quand, un matin de novembre 2016, sa vie a basculé au cours d'un voyage dans sa terre d'origine.

    Ce qu'elle a vu, entendu, vécu dans les entrailles du système concentrationnaire chinois est terrifiant.

    Aujourd'hui, plus d'un million de Ouïghours a été déporté dans des camps de « rééducation » par le Parti communiste chinois, qui prétend lutter contre « le terrorisme, l'infiltration et le séparatisme ». Les Xinjiang Papers, révélés par le New York Times en novembre 2019, dénoncent une répression s'appuyant sur une détention de masse, la plus foudroyante depuis l'ère Mao. Ces camps sont à la Chine ce que le Goulag était à l'URSS. Les Ouïghours subissent un génocide : nous ne pourrons pas dire, cette fois, que nous nous ne savions pas.

    Sauvée grâce aux tractations acharnées de sa fille et du quai d'Orsay, Gulbahar est la première rescapée des camps chinois à témoigner. Sa voix est essentielle. En publiant ce livre, elle prend des risques terribles pour elle et sa famille restée au Xinjiang.
    Un récit de vie brûlant, historique, auquel l'Occident ne peut rester insensible.

  • Depuis 2006, Sylvain Tesson tient un bloc-notes dans le magazine Grands Reportages. Une chronique mensuelle qui est celle d'un écrivain voyageur et de son temps. Une mosaïque, un costume d'Arlequin, une matrice de son oeuvre en devenir où il trace les points cardinaux de sa géographie intime.
    Ce bloc-notes est un miroir le long du chemin et des voyages de Sylvain Tesson.
    Il parle bien évidemment de la Russie, de la Sibérie, de l'Afghanistan où il séjourne à plusieurs reprises, mais aussi de Haïti, de l'Islande qu'il parcourt à vélo ou de New York. Nomade, il privilégie le dégagement, l'humeur, l'intemporel, la nature. Mais il aime aussi se confronter à son temps, à ses ridicules. Il sait aussi plonger dans le volcan de l'actualité pour en faire jaillir les lignes de force, les tendances, le non-dit.
    Il s'engage pour la défense des femmes, contre l'excision et les violences qu'elles subissent. toujours sensible, il met de la couleur à la tristesse du monde grâce à son énergie et à son humour. Il dénonce sans se prendre au sérieux les ravages que commettent les hommes au nom du bien, de la religion, et de la société de consommation, contre la nature et la vie.

  • La mise en oeuvre d'un revenu universel d'existence et la promotion de l'écologie sociale sont les deux réponses les plus adéquates pour surmonter les crises que nous traversons et assurer la relève de notre société. L'alternative au statu quo ou au repli nationaliste sous le seul prétexte de reconstituer une souveraineté industrielle disparue, est l'écologie sociale. Il faudra engager une transition écologique et énergétique radicale au niveau européen et permettre le changement d'échelle de l'économie sociale et solidaire. Mais le passage à une autre société plus tempérante, plus respectueuse des personnes et de l'ensemble du vivant suppose que nous changions aussi notre regard sur le travail. Reconnaissons que notre société s'est lourdement trompée en préférant systématiquement les biens aux liens, la valeur économique à la valeur sociale. Dans plusieurs pays occidentaux, la proposition d'un revenu universel d'existence ou d'un revenu de base est réapparue avec la crise du Covid. La réponse sociale française est insuffisante et reste arrimée aux cendres d'un monde qui se consume sous nos yeux. L'accès au chômage partiel est conditionnel et de surcroît réservé aux salariés. Il est loin de couvrir les besoins de tous, notamment des indépendants, dont la propagation de l'épidémie et les décisions de confinement du gouvernement ont brutalement réduit les revenus à néant. Un revenu universel et inconditionnel réparerait cette injustice. Qui peut affirmer que d'autres crises sanitaires mondiales liées aux conséquences écologiques du néolibéralisme n'auront pas lieu à court terme ? S'il faut bien sûr prévenir ces crises en reconstituant une réponse sanitaire efficace, il faut nous prémunir de leurs conséquences économiques et sociales tragiques. Le revenu universel et inconditionnel est l'antidote social à la répétition de ces crises sanitaires. Il est enfin un outil incomparable d'émancipation. On peut aujourd'hui avoir un emploi et un salaire sans vivre décemment, sans être véritablement libre ni maître de son destin. En libérant chacun d'une dépendance exclusive au revenu qu'il tire de l'emploi, le revenu universel donne une capacité de négociation et de choix à chaque individu. En ce sens, il permet l'exercice d'une citoyenneté intégrale, y compris dans l'ordre économique. L'émancipation sociale passe par cette pratique individuelle de la liberté. Nous ne fabriquerons pas de société plus coopérative, moins égoïste et moins cupide sans donner davantage d'autonomie et de liberté à chaque citoyen.

  • Au coeur deu parquet de Bobigny Nouv.

    Procureure de la République de Seine Saint-Denis, Fabienne Klein-Donati nous ouvre les portes d'ordinaire cloisonnées du plus grand parquet de France après celui de Paris.
    Parce qu'ils dirigent l'enquête judiciaire, au nom de la société, les procureurs sont confrontés chaque jour dans le 93 à une masse de faits et d'affaires sans équivalent sur le territoire.
    Tous les sujets sont prioritaires : la lutte contre les stupéfiants, les marchands de sommeil, la violence ordinaire, les mineurs, les agressions sexuelles. Les magistrats du parquet interviennent en urgentistes sur un ressort trop longtemps laissé à l'abandon.
    Ce livre est une plongée au coeur de leur métier et un témoignage saisissant sur les phénomènes criminels dont ils se saisissent.

  • Stéréo Nouv.

    À l'été 1992, Nina rencontre Arthur sur un quai de gare au retour des Transmusicales de Rennes auxquelles ils assistaient pour la première fois.
    Nina, petite dernière d'une famille bourgeoise de la Rochelle a été initiée à la musique par son père puis au rock par son grand frère. Son rêve est de devenir journaliste aux Inrocks. Comme Martin Eden qu'il trimbale dans son sac à dos, Arthur a une culture d'autodidacte. Après un bac pro, il se destine sans conviction à devenir appareilleur à l'Arsenal de Brest.
    Ils n'ont a priori rien en commun excepté leur passion du rock, et en particulier du groupe Pavement, figure de proue de la scène indépendante des années 1990. Les riffs et la poésie tourmentée de ce groupe culte dessinent le motif d'une relation particulière qui durera plus de vingt ans, amitié fusionnelle, amour à distance, brève conjugalité, histoires parallèles. Des baladeurs K7 et des derniers conscrits du service militaire à l'avènement d'Internet. Du Paris des radios libres, Radio barjo en tête, au New York underground des années 2000.
    D'une plume alerte, Antoine Philias alterne les points de vue, mêle la narration au genre épistolaire et aux retranscriptions de conversation téléphonique. Nina et Arthur sont des personnages complexes, fêlés, miroir d'une jeunesse certainement plus insouciante qu'aujourd'hui mais aux questions tout à fait actuelles : l'orientation sexuelle, l'ambition, le rapport de chacun à son identité. Ils sont aussi la nostalgie d'une certaine idée du rock.

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