Religion & Esotérisme

  • Entretiens avec ses disciples

    Confucius

    • Denoel
    • 10 Septembre 1975

    «L'éclat des écrits de notre Maître peut nous parvenir et nous instruire, mais ses paroles ne le peuvent plus», déplorait l'un de ses disciples après la mort de Confucius. Le Socrate chinois a traversé les siècles, bousculé, certes, mais plus présent que jamais. Le secret ? Il vous suffit de le découvrir dans ce livre qui tire du fond des millénaires l'écho fulgurant des paroles du Maître : «L'homme de qualité, à l'égard du monde, ne cherche pas plus à s'adapter qu'à s'opposer ; il se rapporte à ce qui est juste» ; mais avec prudence : «Dans un pays qui suit la juste voie, parle franc et agis droit. Dans le cas contraire, agis droit mais parle avec discrétion.» Sous la modestie et la modération d'un sage qui nous rappelle parfois Montaigne, un livre d'action : «Pas de précipitation ! Ne prends pas en considération les petits avantages. Qui veut hâter les choses n'atteint pas son but. Ne voir que les petits profits ne permet pas d'aboutir dans les grandes affaires.» Une sagesse lucide qui assume la condition humaine : «Que peut-on savoir de la mort sans connaître la vie ?» Confucius est un guide incomparable ; ni dieu ni prophète, disait-il ; rien de plus qu'un homme de bonne volonté.

  • Archevêque de Paris depuis 2005, cardinal depuis 2007, André Vingt-Trois ne s'est jamais autant livré que dans ces entretiens avec un écrivain athée. Du foyer modeste de ses parents jusqu'à Notre-Dame de Paris et à la présidence de la Conférence des évêques de France en passant par sa longue collaboration avec Jean-Marie Lustiger, dont il fut le bras droit pendant une vingtaine d'années, Une mission de liberté est d'abord l'autoportrait intime d'un homme et de sa destinée au service de la religion catholique. André Vingt-Trois aborde ici l'ensemble des questions qui opposent l'Eglise à ses critiques les plus virulents, qu'ils soient en son sein ou au-dehors : avortement, euthanasie, célibat des prêtres, place et rôle de la femme, crise du recrutement, psychanalyse et croyance, relations avec les autres religions, civilisation du plaisir... Au fil des entretiens se dessine un tableau sans démagogie des Français, de leurs désarrois face aux aléas de l'économie et de la mondialisation, des dangers que leur fait courir l'abandon par les responsables politiques de certaines exigences éthiques les plus fondamentales. Mais c'est avant tout la puissance d'une relation vitale à Dieu librement évoquée qui ressort de cet échange sans compromis.

  • Pour la première fois, les textes fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l'islam sont lus par un économiste. Une lecture enrichie par un recours aux découvertes les plus récentes des historiens et des archéologues qui permet de rendre compte de la construction et de l'évolution des trois grands monothéismes.
    C'est en effet un authentique marché que Dieu aurait conclu avec Abraham, le père fondateur revendiqué par ces trois religions. D'où la constitution de la Terre promise, aujourd'hui encore âprement disputée. Paradoxe : le monothéisme tend à la destruction de la concurrence sur le marché des religions, puisqu'il implique la croyance à un dieu unique, exclusif de tous les autres, donc un monopole.
    Ainsi s'est trouvée facilitée la perception des dîmes, dons et offrandes, ces « impôts volontaires » qui financent le quotidien des religieux et leurs investissements parfois somptueux. Est alors apparu le risque que ce monopole religieux, comme tout monopole, abuse de sa position : échappant à la concurrence, il augmente les « prix » de son « produit » alors même que la qualité de ses « services » se dégrade... jusqu'à ce qu'une religion concurrente réussisse à entrer sur le « marché ».
    L'histoire des croyances se retrouve en fin de compte singulièrement éclairée par cette lecture du phénomène religieux du point de vue de l'économiste.

  • Depuis la fin du XXe siècle, un mouvement qui semble irrépressible, en particulier au Maghreb mais aussi dans le reste du monde arabe et même en Occident, conduit de plus en plus de musulmans à tourner le dos à l'islam pour rejoindre la religion de Sidna Aïssa - autrement dit de " Notre Seigneur Jésus ".
    Au Maroc et en Algérie comme dans la discrète Tunisie, on parle de milliers de convertis au christianisme chaque année. L'oeuvre d'un ou de plusieurs réseaux d'évangélisateurs en quête de nouveaux adeptes ? Une réaction face à certaines évolutions en terre d'islam et notamment à la montée de l'islamisme ? Des candidats à l'exil qui n'hésitent pas à " vendre leur âme " ? Des conversions troublantes de sincérité ? Cet ouvrage propose une enquête sur ce phénomène nouveau aux multiples facettes.
    Et qui, au fur et à mesure qu'il prend de l'ampleur, suscite régulièrement l'émoi en terre d'islam, où les autorités comme les familles portent un regard pour le moins suspicieux sur les" apostats ". Une enquête qui a conduit l'auteur, un Algérien qui réside en France depuis plus de trente ans, dans son pays d'origine, tout particulièrement en Kabylie. Mais aussi dans les autres pays du Maghreb, en Espagne - notamment en Andalousie - et dans plusieurs régions de France.
    Ce qui lui a permis de recueillir, et de rapporter ici, de nombreux témoignages de convertis pour illustrer son propos.

  • Ces questions sont au centre du livre stimulant et provocateur de David Goldstein. Dans un langage clair et accessible, il expose les découvertes récentes sur l'ADN des populations juives et les combine à l'histoire écrite et orale pour raconter l'histoire d'un peuple singulier à travers sa génétique.
    Comme un détective remontant le cours du temps, David Goldstein s'interroge sur le chromosome Y des Cohen, les descendants des prêtres du Temple, ou sur la prétendue judéité des Lemba, une peuplade noire d'Afrique du Sud, parmi bien d'autres choses.
    Il est de bon ton ces derniers temps, dans une certaine historiographie, de réduire l'identité du peuple juif à une simple construction culturelle. Le livre de David Goldstein est une réponse salutaire à cette démarche, enrichissant même, par son approche originale, la conception traditionnelle de ce qu'être juif veut dire.

  • Le yiddish est comme la langue officielle du nulle part. Et, puisqu'à en croire Michael Wex " le judaïsme est défini par l'exil et [que] l'exil sans les plaintes, c'est du tourisme ", nulle autre langue ne saurait être mieux adaptée à l'art de la lamentation... Partant de ce constat, Michael Wex invite à un voyage pétri d'humour et d'érudition au coeur de la culture juive. Retraçant ses origines, ses liens avec la religion, son évolution à travers le temps, il montre sur un mode ironique et politiquement incorrect comment le yiddish permet, au quotidien, à ses locuteurs de se lamenter sur tout : la nature, l'humanité, le sexe, la nourriture et même Dieu. En somme, le yiddish vous aide à être juif ; et à vous plaindre en toutes circonstances. Savant et jubilatoire, abordant le yiddish parce qu'il a de plus imagé, Kvetch ! est bien plus qu'un recueil de jeux de mots ou d'histoires juives : il s'agit d'une véritable exploration de la culture ashkénaze, un hommage émouvant à un continent perdu dont il importe aujourd'hui de préserver la mémoire par la langue ; et l'humour.

  • À Jérusalem, voici près de trois mille ans, un auteur inconnu composa un ouvrage qui depuis lors a formé la conscience spirituelle d'une bonne partie du monde...
    Le «Livre de J» : tel est le nom donné par les savants à la partie la plus ancienne du Pentateuque, rédigée sans doute à Jérusalem au Xe siècle avant notre ère, et aujourd'hui en grande partie perdue. C'est à la découverte de ce chef-d'oeuvre que nous invite le grand historien de la littérature Harold Bloom, dans une interprétation aussi rafraîchissante que joyeusement iconoclaste.
    Que dit Bloom, en effetoe D'abord que J est avant tout un géant littéraire, au même titre qu'Homère ou Shakespeare. Ensuite, et c'est plus dérangeant s'agissant de la source originelle d'un texte sacré, il montre que J est un auteur profane. Enfin - et le paradoxe atteint ici son comble - Bloom avance l'hypothèse que J était une femme, plus précisément une aristocrate de la cour royale d'Israël.
    Abondamment discutée depuis sa publication, il y a près de vingt ans, la thèse de Bloom reste aussi séduisante que controversée. On trouvera ici tous les éléments nécessaires pour se forger une opinion : le texte du Livre de J lui-même, traduit de l'hébreu, ainsi que les analyses magistrales de Bloom, qui résonnent par-dessus tout comme un éloge vibrant de la littérature - et surtout de la lecture.

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