Actes Sud

  • En 1987, Fabio Ponzio s'est lancé dans une aventure qui allait se transformer en odyssée photographique à travers l'Europe centrale, orientale et le Caucase. Au fil des ans, Fabio Ponzio est retourné inlassablement dans les villages et les villes de l'Europe de l'Est, s'efforçant de documenter les multiples visages des peuples de cette région et les innombrables facettes de leur existence. Ses images témoignent de la pauvreté endémique et de l'oppression généralisée qui marquèrent les dernières années des régimes communistes, et du mélange d'énergie, d'espoir, d'incertitude et de désolation absolue provoqué par leur effondrement. Son oeuvre nous offre une vision poignante et extrêmement empathique de l'existence humaine - des traditions et de la foi profonde, de l'humilité et du courage, du sacrifice et de l'instinct de survie de ces populations de l'Est.

  • Après un demi-siècle d'existence, la Corée du Nord est l'un des pays les plus haïs au monde, mais aussi l'un des plus méconnus. À l'évidence, la radicalité de ce paradoxe cache une réalité plus complexe que ce qu'il nous est donné à voir : guerre, famine, dissidents, programme nucléaire, parades et défilés militaires... Suivi, encadré, accompagné pas à pas tout au long de son séjour en Corée du Nord, Stéphan Gladieu invente un espace de liberté à l'intérieur du cadre qui lui est imposé. L'existence de cette série photographique dépend intimement de la relation que le photographe a su nouer avec ses hôtes. En choisissant le portrait-miroir, souvent cadré de pied, qui requiert une pose frontale et un regard direct, Stéphan Gladieu s'est rapproché de l'image de propagande et a rendu sa démarche si ce n'est familière, du moins compréhensible aux Nord-Coréens. Cette série nous renverra sans doute en partie notre représentation, mais elle nous permettra peut-être aussi de voir les Nord-Coréens à travers leurs propres yeux.

  • Avec «Américaines solitudes», Jean-Luc Bertini traverse les États-Unis et s'interroge sur la place de l'humain pris dans cet immense décor. Il invente ce que Gilles Mora nomme dans sa postface «"une poétique de l'isolement"». Il s'agit-là d'un juste équilibre entre le photographe contemporain face à l'Amérique et cette touche humaniste héritée de la tradition française, qui lui permet de contourner habilement le "tableau photographique américain".

  • Dans son exposition intitulée "Beau doublé, Monsieur le Marquis" au musée de la Chasse et de la Nature en 2017, Sophie Calle, qui continue de nourrir son oeuvre des événements de sa vie intime, et qui, en guise d'introduction, y parlait de la mort récente de son père, a invité les visiteurs à s'interroger sur celle de leurs proches par des questions concrètes. Dans votre agenda, vous écrivez "mort" à côté du nom ? Vous raturez ? Vous ne faites rien ? Vous avez une méthode personnelle ? Supprimez-vous le numéro de téléphone du défunt ? Dans ce livre intitulé «Que faites-vous de vos morts ?», des photographies prises par l'artiste à travers le monde dans des cimetières accompagnent une sélection de messages laissés par les visiteurs pendant la durée de l'exposition.

  • Dans le livre Léviathan, Paul Auster remercie Sophie Calle de l'avoir autorisé à mêler la réalité à la  fiction. Il s'est en effet servi de certains épisodes de sa vie pour créer, entre les pages 84 et 93 de son récit, un personnage de fiction prénommé Maria, qui ensuite quitte l'artiste pour suivre sa propre histoire. Séduite par ce double, Sophie Calle décide de jouer avec le roman de Paul Auster, et de mêler, à son tour et à sa façon, réalité et fiction. Dans Léviathan, Maria se soumet aux mêmes rituels que l'artiste. Mais Paul Auster a glissé dans le  portrait de son personnage des règles du jeu de son invention. Afin de se rapprocher de Maria, Sophie Calle a décidé d'obéir au livre. L'auteur impose à sa créature un régime chromatique composé  d'aliments d'une seule couleur par jour : l'artiste a suivi le même régime. Il lui fait vivre des journées entières basées sur certaines lettres de l'alphabet : Sophie Calle a fait comme elle.

  • Au milieu des années 1970, alors que le féminisme connaît un élan sans précédent aux États-Unis, les trois photographes américaines Eve Arnold, Abigail Heyman et Susan Meiselas publient des livres d'un genre nouveau. Associant témoignages et images, elles offrent un regard inédit sur la vie des femmes dans le monde du travail et l'existence quotidienne, jusque dans leur intimité. Femmes à l'oeuvre, ces trois photographes imposent leur signature et mettent les femmes à l'épreuve de l'image photographique, contournant les clichés pour dessiner des représentations alternatives.

  • "Depuis des mois, je suivais des inconnus dans la rue. Pour le plaisir de les suivre et non parce qu'ils m'intéressaient. Je les photographiais à leur insu, notais leurs déplacements, puis finalement les perdais de vue et les oubliais..." Préambule - Sophie Calle

  • La vie de Sophie et comment elle a influencé celle de Maria (livres II, III, IV, V, VI) : Ces rituels que Paul Auster m'a "empruntés" pour façonner Maria sont : la suite vénitienne, la garde-robe, le strip-tease, la filature, l'hôtel, le carnet d'adresses, le rituel d'anniversaire. Léviathan m'offre l'occasion de présenter les projets artistiques dont s'est inspiré l'écrivain et que désormais nous partageons, Maria et moi. Ce livre VI est déployé (passe de 4 pages à 24 pages) à l'occasion de cette nouvelle édition avec des éléments inédits.

  • Le jeu consiste pour l'artiste à "obéir" aux traits non réalisés du personnage. Ainsi découvre-t-son dans le livre I des repas chromatiques et des jours en b ou en c (comme Calle). Ce même ouvrage commence par le passage référentiel du roman, avec des paragraphes encadrés qui renvoient aux autres livrets dans lesquels on découvre ou reconnaît les "épisodes de la vie' c'est-à-dire les ceuvres de S. Calle.

  • «Cimarron» (après «Bretonnes» et «Yokainoshima») est le 3e volet d'une série photographique entamée en 2013 par Charles Fréger. Du Sud des États-Unis au Brésil, l'artiste dresse un inventaire des mascarades pratiquées par les descendants des esclaves africains célébrant par ce truchement la mémoire de leurs pairs et leurs cultures singulières. Entre masques, maquillages, costumes, parures et accessoires, s'entremêlent les cultures africaines, indigènes et coloniales, prises dans le vertige d'un mouvement syncrétique. La mascarade est plus que jamais ici un territoire de mise en regard d'une communauté par une autre, espace où l'on rejoue, où l'on réinvente le rapport à l'oppresseur soit pour le mimer, soit pour l'inverser, toujours pour le subvertir.

  • Première enquête visuelle menée durant plus de 10 ans par Mario del Curto (lauréat du Prix Redouté 2018), à révéler le monde comme un jardin, à saisir, en somme, sa nature profondément jardinière : façonnée par l'Humain, notre planète l'est avant tout par les plantes elles-mêmes, qui nous nourrissent, mais influencent aussi nos vies, nos  déplacements, nos actions comme le souligne le philosophe Emmanuele Coccia dans cet ouvrage. Certains proposent de "faire jardin" en s'inspirant des jardiniers visionnaires ou sans noms qui ont jalonné notre histoire. Vandana Shiva nous enjoint à revenir à la racine du verbe vegetare : "animer, vivifier", pour saisir toute la force du végétal. Mario del Curto réfléchit ici aux liens qui nous unissent au végétal et, sans morale ni catégories, propose un autre regard sur notre environnement et sur ses habitants. Il fait ici la démonstration du caractère inaliénable de ce lien entre les humains et la nature. Ce voyage photographique à l'échelle du monde est également accompagné par des essais de John Brinckerhof, Charles Soubeyran, Patrick Gyger, Edward Farmer, F. Felber.

  • "Manuel d'instructions à l'usage personnel de S. C. concernant la façon d'embellir la vie à New York (à sa demande)." Paul Auster

  • Avec Yokainoshima, c'est au Japon que Charles Fréger, photographe de réputation internationale, poursuit son fascinant inventaire des communautés humaines. Une fois encore, ses photographies combinent l'acuité du regard documentaire avec l'art de la mise en scène selon un style parfaitement neuf et singulier. Ordonnées au fil des saisons, elles évoquent, à travers l'extraordinaire variété des masques, costumes ou figures, et les commentaires d'anthropologues et spécialistes de la culture traditionnelle japonaise, tout l'arrière-plan de fêtes locales, de chorégraphies et de rites, qui culmine dans ces costumes étonnamment éclectiques. Cette remarquable suite de portraits passionnera les amateurs de mode et de traditions populaires, mais aussi les adeptes de l'imaginaire des mangas.

  • "Le lundi 16 février 1981, je réussis, après une année de démarches et d'attente, à me faire engager comme femme de chambre pour un remplacement de trois semaines dans un hôtel vénitien. On me confia douze chambres du quatrième étage. Au cours de mes heures de ménage, j'examinai les effets personnels des voyageurs, les signes de l'installation provisoire de certains clients, leur succession dans une même chambre. J'observai par le détail des vies qui me restaient étrangères. Le vendredi 5 mars 1981, mon remplacement prit fin." Sophie Calle - Préambule

  • JR a acquis une renommée internationale à l'âge de 27 ans, lorsqu'il a reçu le prix TED. Son projet "Inside Out" a attiré plus de 200 000 personnes dans le monde. Mais JR a une ville de prédilection, il s'agit de Rio. Il démarre cette aventure carioca avec «Women are heroes.» C'est par ce souhait de laisser une oeuvre pérenne qu'en 2016, le Comité Olympique lui demande de réaliser une oeuvre à la hauteur de l'événement. C'est dans ce contexte que l'artiste va concevoir "son oeuvre la plus folle" selon ses propres mots : «Géants». Juché sur un échafaudage, un athlète haut de plusieurs étages saute par-dessus un immeuble abandonné, tandis qu'au pied du Pain de Sucre, une nageuse effraie les bateaux de passage et qu'à Barra da Tijuca un plongeur s'apprête à défier les plus grands cétacés. JR revisite ainsi Swift et le spectacle est à la hauteur de la plus grande compétition sportive au monde. Son camion va s'intaller également dans le village olympique et aux abord du stade de Maracana et les photos collées vont conduire jusqu'à la casa amarella, nouveau centre culturel installé en plein coeur de la favella et au-dessus duquel trône une lune qui domine toute la ville. Cet ouvrage retrace ici ces 10 ans de créations artistiques et son implication dans les liens tissés entre les différents visages de cette ville.

  • Les Panoplies (livre III) s'ouvre plus largement sur cette anthropologie de la sphère privée spécifique des  oeuvres de Sophie Calle et qui fait de l'artiste (avec Messager) l'annonciatrice des interrogations récentes sur l'intime.

  • Le Rituel d'anniversaire (livre II) traduit un parti-pris d'inventaire qui rend hommage à C. Boltanski et A. Messager.

  • Il incarne à lui seul l'esprit tchèque de l'entre-deux-guerres et la vitalité de la scène praguoise dont l'apport à la culture européenne reste essentiel.
    Née du pictorialisme, l'oeuvre de drtikol est profondément marquée, dans une première phase, par le courant symboliste. au tournant des années 1920, fonctionnalisme, cubisme, abstraction et art déco imprègnent ses recherches : la composition fait place à une géométrie nouvelle, l'éclairage se contraste, le nu se fragmente. de prague, où il fut le fameux portraitiste des élites en vogue, à paris, où la publication de ses nus consacra sa renommée internationale, frantisek drtikol a imposé par sa technique magistrale, son originalité et sa profondeur conceptuelle une photographie résolument novatrice.

  • Aux Etats-Unis, des dizaines de sites Monsanto (classés sensibles selon l'agence fédérale pour l'environnement) maintiennent des activités aux graves conséquences sanitaires et environnementales. Au nom des droits de l'homme et de l'environnement, scientifiques et institutions ont déjà lancé l'alerte. Cette enquête photographiée vise à faire état des pratiques actuelles de Monsanto pour comprendre l'impact de ses activités sur les hommes et leur environnement. Choisi unanimement par le jury comme premier prix du Dummy Book Award Fotobook Festival Kassel 2016, cet ouvrage offre une plongée photograpique dans le passé et le présent de l'entreprise chimique.  Il associe des documents d'archive de la société, de nombreux portraits et paysages directement affectés par les conséquences environnementales de cette production industrielle. La pertinence du sujet et du regard porté par Mathieu Asselin est porté par une maquette originale, récompensée également par une mention spéciale du jury du Luma Dummy Book Award lors des Rencontres photographiques d'Arles 2016 et également récompensé en 2017 par le premier prix Aperture Foundation Paris Photo First Book Award. Cette nouvelle édition est augmentée d'un chapitre traitant de la fusion Monsanto-Bayer intervenue en 2018/2018.  L'exposition qui accompagne le livre ne cesse de voyager dans toute l'Europe depuis sa création et de nombreuses sont déjà arrêtées pour l'année 2019.

  • Inside out

    Jr

    Cet ouvrage expose le travail le plus important de l'artiste JR - le projet de «street art» mondial sur lequel il a travaillé durant les six dernières années. Des banlieues parisiennes à Israël et à la Palestine, des villages du Kenya aux favelas brésiliennes, son art est étroitement lié à son activisme : il défend les droits universels de la femme, la paix et l'égalité. «Inside Out» dévoile sa vision et son modèle novateur d'art à l'échelle mondiale. Riche de plusieurs centaines d'images du projet, le livre inclut également des contributions sur la manière dont l'art de JR fonctionne comme une plateforme internationale d'échange social.

  • Très présent sur la scène internationale de la photographie de 1900 à 1917, alvin langdon coburn (1882-1966) est de ceux qui conduisent du pictorialisme parfois doucereux au modernisme le plus radical (vortographs de 1917).
    Ce bostonien d'origine, fervent amateur de culture européenne, côtoie alfred stieglitz et edward steichen, adhère à photo sécession et publie ses images dans camera work. "faites quelque chose d'atrocement mauvais si vous voulez, mais ayez un regard neuf", écrit en 1916 cet activiste de la photographie qui se passionnera pour l'avant-gardisme, assurant un lien étroit entre l'europe et les etats-unis, qu'il quitte définitivement en 1912 pour s'installer en grande-bretagne.
    Son intérêt pour la signification symboliste de l'image, son goût pour une large diffusion, qu'il met en oeuvre par la publication de portfolios, font de lui un artiste singulier, adepte d'une sorte de religion de la photographie, oeuvre de l'esprit, susceptible d'introduire à une vision mystique du monde.

  • L'ouvrage «Mondes tsiganes. Une histoire photographique» retrace l'histoire des populations tsiganes - Roms, Manouches et Gitans - et interroge l'histoire des fabriques photographiques qui ont construit le regard porté sur ces populations aux XIXe et XXe siècles. L'exploration des images, l'histoire des photographes et des sujets révèlent une autre histoire, celle des expériences collectives et des récits de vie qui donnent à voir la diversité méconnue des mondes tsiganes.

  • En mai 1928, Paul-Gustave Van Hecke, homme-orchestre de la vie culturelle des années vingt en Belgique, fonde avec le surréaliste E.L.T. Mesens le magazine d'art «Variétés. Revue mensuelle illustrée de L'Esprit Contemporain.» Travail de pionnier, car la revue se consacre aussi à des formes inhabituelles de l'art et de la culture et fait la part belle à toutes sortes de sujets d'actualité. On y aborde avec audace la photographie comme un moyen d'expression osé et novateur. Dans un jeu suggestif de collages surréalistes, les photos se jouxtent dans des combinaisons à la fois surprenantes et étrangement bizarres, si bien que «Variétés» s'impose comme une véritable anthologie de la Nouvelle Photographie en tant que discipline artistique moderne et indépendante. Le livre passe en revue les séries de photos les plus marquantes publiées dans «Variétés »en combinaison avec une sélection unique de «vintage prints »de plus de trente photographes modernistes réunis par Van Hecke dans le cadre de ses activités de galeriste, marchand d'art, directeur de «Variétés »et organisateur d'expositions.
    Ouvrage dirigé par Sam Stourdzé et Ronny Gobyn.
    Avec des contributions de Damarice Amao, Xavier Canonne, Hendrik Olivier et Kim Robensyn.

  • L'oeil

    Wajdi Mouawad

    L'OEil constitue la dernière et ultime livraison de "L'encyclopédie essentielle", collection prestigieuse que l'éditeur Robert Delpire, disparu à l'automne 2017, créa à la fin des années 1950 et déclina tout au long d'un parcours éditorial considéré comme un des plus importants et novateurs du XXe siècle. Des planches d'anatomie du XVIIIe (Jean-Jacques Lequeu) aux créations les plus contemporaines  (Giuseppe Penone), l'oeil n'a jamais cessé de fasciner les artistes. Les photographes, premiers et éminents praticiens des dispositifs complexes de la vision, ont toujours représenté en une sorte d'hommage hypnotique cet organe corporel qui est aussi leur premier "outil"... Mais« L'OEil» est également le fruit de la rencontre puis de l'amitié qui s'est nouée entre l'éditeur et l'écrivain/dramaturge Wajdi Mouawad. L'auteur d'«Anima» signe probablement ici un des plus beaux textes qu'il ait jamais été donné de lire sur la vue et ses mystères.

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