Mathieu Mével

  • « Mon dernier frère était comme nous à la différence qu'il parlait mal. Il faut imaginer sa parole comme des fragments abîmés : certains mots sont mal articulés, d'autres sont déformés et parfois incompréhensibles, les derniers sont aussi inutiles que des jouets cassés dans un grenier. »Séverin est le benjamin d'une fratrie de quatre garçons. Il est autiste, mais personne ne prononce ce mot, peu familier dans les années 1980. Ses parents ont fait le choix de ne pas creuser son écart d'avec le monde et toute la famille cherche à appréhender de manière décalée cette expérience étrange de la parole. Ainsi, la langue de Séverin, difficilement compréhensible, devient une langue partagée, un élément de cohésion. C'est à elle que son frère aîné, Matthieu, rend hommage avec ce roman autobiographique.

  • Un témoignange personnel et un regard sur la figure de l'acteur, où l'on retrouve la pensée de Platon, Spinoza, Deleuze, Foucault. Cet essai interroge le désir de monter sur scène, l'émergence d'une présence sur le plateau et apporte un éclairage historique en croisant des grandes figures théâtrales et les techniques de jeu du XVIIIème siècle à nos jours : on voit passer Diderot, Kleist, Talma, Stanislavski, Grotowski, Jouvet, Brook, Lassalle, Castellucci, mais aussi des acteurs tels que Talma, Mastroianni, Gabin, Depardieu, Luchini.

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  • Mon beau brouillage

    Mathieu Mével

    Le texte est construit sur la répétition et le brouillage d'une première partie originale, et les deuxièmes et troisièmes parties sont des variations ou des copies qui ne cessent de s'écarter de l'original, jusqu'à l'échappée libre de et la quatrième s'en échappant. L'auteur dit " Je crois qu'on ne parle pas pour nommer les choses, on parle pour les éloigner de la tristesse de leur nom. Ecrire un poème, c'est alors faire le vide, creuser la syntaxe, trouer la langue pour retrouver la liberté déliée de l'enfance ". Parfaitement classique, en vers et alexandrins, ce recueil bouscule un peu les normes de la poésie contemporaines. Le brouillage en copier-coller et jeux de mots donne un souffle nouveau à l'écriture poétique.
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  • " Imaginons un paysage de prothèses, imaginez.
    De la terre et des pierres, un arbre effondré, des trous. Le drame n'a plus lieu sur la scène, il est dans le décor-paysage : verre, métal, plastique. Comment dire mieux que l'espace se meurt. On entend une radio... " Un homme arrive sur une colline par une nuit d'orage. Il parle à un mannequin qui ressemble à une jeune fille, il parle à un roi mort, à un chien, à un duo comique, à un arbre, à des pierres.
    Il parle avec les objets, les animaux, les morts. Dans la terre, il trouve un séquenceur. C'est un dispositif numérique, une mémoire exacte qui permet d'enregistrer et d'ordonner les éléments dans une séquence. L'homme joue avec le séquenceur. Il s'abandonne dans le concert de sa voix enregistrée. L'enregistrement a pris la place de la vie. L'échantillonnage met la répétition au coeur du texte, entraînant une perte de sens et en même temps la reconstitution de quelque chose qui se souvient du sens dans les trous de la langue.
    La machine ne porte plus seulement la mémoire, elle la tord et l'explose. Le théâtre est envahi par ce qui refuse le théâtre : animaux, objets, machines.

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