Valet noir et la collection Biophilia

  • C'est aux abords de la nuit que les hommes racontent des histoires.
    Des Guayaki de Pierre Clastres au chanvreur de George Sand et de Shéhérazade aux parents d'aujourd'hui, il existe un lien atavique entre l'usage du récit et la peur d'un univers livré aux puissances nocturnes.
    Ou plutôt : il existait. La domestication du monde a fini par dispenser l'imagination des hommes d'opérer la catharsis de l'effroi des lieux qu'ils habitent. Affranchie de son ancien rôle, la littérature ne célèbre plus que son propre office.
    Mais voilà que le monde change. Voilà qu'un nouveau contexte - hostile, inhospitalier - fissure nos systèmes de climatisation. Les désordres climatiques nous remplissent de terreur, l'agonie de la vie sauvage nous accable de pitié. Nous pleurons pour la planète et tremblons pour le futur. Ce nouveau sentiment tragique invite la littérature à sortir de sa réserve et à reprendre du service. Court-circuiter le réel n'est plus une solution. Licencier l'imaginaire n'est plus une solution. La hantise du contexte travaille de nouveau sous le plaisir du texte. L'économie de la fiction se réouvre aux cycles longs d'une écologie du récit.

  • Les lecteurs français connaissent avant tout Rachel Carson (1907-1964) par son livre prémonitoire Printemps silencieux (1962), le plus célèbre avec La mer autour de nous. Ce livre influença autant l'histoire du mouvement écologiste que celle du journalisme, en permettant pour la première fois à la réflexion écologique de toucher le grand public et de peser sur les décisions politiques. Il provoqua l'interdiction du DDT, pesticide particulièrement redoutable.
    Cette écologiste visionnaire inventa aussi l'idée, maintenant établie, d'« équilibre naturel » en montrant que toutes les formes de vie terrestre sont reliées entre elles dans une vaste chaîne, celle de la vie, cet entrelacement étant mis à mal par un engrenage de destructions causées par l'homme (pesticides, déchets atomiques, élimination des zones « sauvages » notamment).
    Ce qui confère aux livres de Carson cette grâce et cette qualité, c'est la fusion entre un esprit créatif, doué d'imagination et de perspicacité, et un esprit scientifique, passionné par les faits. Elle possède une aptitude particulière, celle de mélanger sa connaissance scientifique à sa conscience poétique et spirituelle, qui nous permet de percevoir ainsi le vrai sens du monde. Carson a toujours cherché à s'adresser aux profanes et pas seulement aux scientifiques. Pour elle la littérature est simplement l'expression de la vérité. L'une des missions de l'écrivain est de décrire le monde qui nous entoure en le rendant accessible à un homme ordinaire.
    Nous proposons ici un ensemble de textes, ceux qui nous ont paru les plus représentatifs et où l'on retrouve tout ce qui fait la force de Rachel Carson, son humanité, sa vision du monde, son engagement constant, sa rigueur, et sa façon unique de poser les questions qui importent.
    Pour sauver ces animaux, ces plantes, ces sites, cette planète dont l'homme est à la fois « le témoin et le bourreau », il faut inculquer aux enfants ce sens de la merveille et cet esprit d'enfance, source permanente de joie, en les mettant au contact avec le vivant. En prêtant attention au monde et aux merveilles qui nous entourent, peut-être aurons-nous moins de goût pour la destruction ?

  • Bergère des collines est le récit d'une aventure de vie.
    Florence Robert, qui était calligraphe dans le Gers, après s'être inscrite à une formation agricole, est devenue bergère dans les garrigues du sud de la France. Elle nous conte avec passion la découverte d'un métier à part qu'elle a choisi pour « rouvrir les garrigues embroussaillées au profit de la biodiversité, des orchidées, de l'aigle royal ».
    Elle nous fait partager ses longues méditations sur la nature et les paysages lors du gardiennage des brebis en hiver dans le vent froid ou dans la fraîcheur des nuits d'été. Nous l'accompagnons au coeur de sa bergerie où elle fait naître ses agneaux. Elle nous associe à ses interrogations d'éleveuse sur la mort des animaux.
    Le récit reprend dix ans plus tard. La bergère débutante est devenue une agricultrice chevronnée. Nous revisitons avec elle, l'espace d'un printemps, les étapes décisives de toutes ces années : les premières estives, les transhumances à pied, la mort de son chien... Elle aborde, avec objectivité et sensibilité, les problèmes auxquels les éleveurs sont confrontés : de la présence des grands prédateurs au choix de consommer de la viande.
    L'écriture de Florence Robert traduit ce cheminement où la plus immédiate matérialité côtoie la poésie naturelle du réel.
    Bergère des collines se lit comme un roman d'aventure, entre actualité et intemporalité.

  • L'objectif principal de la paléontologie est de reconstruire l'histoire de la vie et des environnements passés, en plongeant dans les profondeurs du temps, là où l'histoire se compte en millions, dizaines et centaines de millions, et même en milliards d'années. Un temps vertigineux, celui de notre planète, qui conserve en elle-même les archives de sa propre histoire vivante, les fossiles, restes minéralisés, d'êtres disparus. Chaque banc de roche sédimentaire à la surface de la planète est comme une page du grand livre de l'histoire de la Terre, contenant potentiellement les vestiges d'écosystèmes anciens. À la croisée des sciences de la Terre et des sciences de la Vie, la paléontologie est une discipline scientifique aux multiples facettes, faisant appel à tous les moyens d'investigation, toutes les techniques d'étude disponibles permettant de faire parler roches et fossiles issus des profondeurs du temps. Tour à tour géologue, anatomiste, écologiste, chimiste, etc., le paléontologue est éminemment polymorphe et touche à tout, tant les champs d'investigation sont nombreux.

  • Le pèlerin

    John Alec Baker

    Ce livre est né de dix années d'affût, et d'un si long regard que l'oeil qui observait s'est peu à peu identifié à l'oiseau qu'il pourchassait. Chasseur pacifique, chasseur d'images, qui a épié les faucons pèlerins dans une vallée débouchant sur les marécages de l'estuaire de la Tamise, entre octobre et avril, quand les étangs désertés se chargent des brumes et des silences de l'automne, des soleils pâlis et des drames de la nature, et qui, à son tour devenu proie, s'est fondu dans le paysage mouillé, s'est fait lui-même roman, journal, livre de nature, poème-jeté, comme l'oiseau, point dans le ciel, parole dans le silence.

  • La Sauvagerie, publié chez Corti/collection Biophilia, est une épopée totale concernant l'enjeu le plus brûlant de notre époque :
    La crise écologique, la destruction massive des écosystèmes.

    Cinquante poètes contemporains, aux voix reconnues ou émergentes, francophones ou anglophones, composent un ensemble monumental :
    Douze chants explorant les rapports variés que nous entretenons avec les autres vivants.

    Dans ce livre de combat, toutes les ressources et tous les registres poétiques sont mobilisés : les poèmes se font tour à tour tombeaux, refuges, descriptions, chansons, méditations, souvenirs, descente aux enfers et prophéties.

  • Ces textes de John Muir représentent peut-être l'essentiel de son oeuvre.
    Qu'il s'agisse de portraits de plantes ou d'animaux, de récits de courses en montagne ou d'autres aventures vécues, on y retrouve toujours le passionné de la nature, qui jamais ne se lasse de la décrire, de la louer, de la célébrer.
    Parler de la nature est pour John Muir un plaisir toujours neuf, toujours renouvelé, un plaisir communicatif. Son enthousiasme lumineux gagne inévitablement son lecteur, qui le voit - et se voit avec lui - plongé dans les paysages grandioses qu'il dépeint, à l'affût d'un oiseau aussi étonnant que discret ou stupéfait devant une fleur jusque-là inconnue.
    Tout, en effet, dans la nature suscite l'admiration, et l'article qui restitue cette merveilleuse expérience vibre d'une intense émotion. Mais pas seulement.
    John Muir est aussi d'une extrême précision. Précision de l'observateur, précision de l'homme de plume. La sensation de plénitude qu'éprouve le lecteur vient de ce que l'auteur réussit à toucher simultanément le coeur et l'intellect.
    C'est au moment même où l'information qu'il reçoit est la plus précise que l'impression ressentie est aussi la plus vive, et les deux sont indissociables.
    Ce choix de textes majeurs, qui sont autant d'hymnes à la nature, vient ajouter au portait kaléidoscopique de John Muir, dont disposait déjà le lecteur francophone à travers les ouvrages traduits précédemment, une facette nouvelle et inattendue, celle d'un lyrisme flamboyant allié à l'information la plus rigoureuse. Mais il s'agit aussi de textes de combat, qui, un siècle plus tard, conservent toute leur pertinence.

  • Dans En été - Une saison d'abondance, Bernd Heinrich parvient à nous communiquer son sens inépuisable de l'émerveillement en nous faisant partager la vénération qu'il éprouve pour le foisonnement du vivant, à partir de ses observations sur le terrain comme de ses recherches scientifiques.
    Qu'il s'agisse de réflexions sur les guerres entre les fourmis, des particularités prédatrices des guêpes, des rituels de séduction des pics-verts ou de sa description de la découverte d'une route encombrée de grenouilles des bois, En été, nous offre un panorama d'une beauté évidente sur les interactions complexes entre le règne animal et le règne végétal, entre le réchauffement estival et la luxuriance de la nature.
    Comment des cigales parviennent-elles à survivre - et à prospérer - à des températures allant jusqu'à plus de 46° C ? Les oiseaux mouches savent-ils à quoi ils seront confrontés avant d'entreprendre leur migration vers le Golfe du Mexique ? Pourquoi certains arbres cessent-ils de grandir alors qu'ils disposent encore d'une période de trois mois de temps chaud ?
    Avec un sens de l'émerveillement et une compétence incomparables, Heinrich étudie une centaine de questions de ce type.
    On comprend aisément que Heinrich soit considéré aux États-Unis comme le digne successeur de Thoreau, parmi les écrivains américains contemporains de la nature.

  • Le Temps Sacré des Cavernes est une synthèse claire et accessible de toutes les hypothèses proposées au fil du temps par la communauté scientifique pour répondre à la question de la signification de l'art des cavernes. Il vient combler un manque évident dans la littérature consacrée à ce sujet, aucun autre livre ne remplissant un tel cahier des charges. D'ordinaire, le survol théorique se révèle trop rapide ; à moins que l'auteur, théoricien lui-même, ne privilégie ses propres hypothèses au détriment des autres. Rien de tel ici. Fruit de plusieurs années de travail, « Le Temps Sacré des Cavernes » accorde à chaque théorie une attention égale, exposant au besoin les points de friction entre spécialistes.

    Après la préface, l'introduction et les mises en garde préliminaires, vient la première partie visant à présenter l'artiste. En se basant sur les publications les plus récentes en la matière, l'auteur établit un portrait précis de Cro-Magnon, évoquant tour à tour ses ancêtres, ses contemporains, son apparence, son régime alimentaire, son mode de vie, son équipement, ses relations sociales comme avec son environnement (animaux, éléments) et les traces qu'ils a laissées en termes de pensée symbolique et de spiritualité. La seconde partie, consacrée aux interprétations, propose au lecteur un travail d'analyse critique aussi exhaustif que possible : l'art pour l'art, zoocénose, culte de l'ours, magies d'envoûtement, de fertilité, de destruction et d'apaisement, zodiaque préhistorique, chamanisme, totémisme, dualisme primordial, rites d'initiation, code de chasse préhistorique, enseignement de la chasse par rabattage, enfin mythes liés à la Genèse et à la fertilité. Le lecteur, ainsi éclairé, pourra enfin se forger son intime conviction.

    Ce livre paraîtra simultanément avec l'inauguration de Lascaux IV.

  • Survivre à l'hiver

    Bernd Heinrich

    Nous entamons avec ce premier titre de Bernd Heinrich l'édition de trois des plus célèbres classiques de cet écrivain américain, né en 1941, qui allie les qualités d'universitaire (professeur de biologie à l'Université du Vermont) à celles d'homme de terrain.
    Des écureuils volants aux ours grizzlys, des tortues léthargiques aux insectes et à leur antigel, l'univers des animaux témoigne de certaines des innovations stupéfiantes inventées par l'évolution pour survivre à l'hiver. À l'inverse des humains qui altèrent l'environnement pour compenser leurs limites physiolo- giques, les animaux, eux, sont capables de s'adapter à une gamme incroyable de conditions.
    En étudiant, des ressources alimentaires disponibles dans un paysage hi- vernal extrêmement stérile à la composition chimique, tout ce qui permet à certaines créatures de survivre, Heinrich nous éveille aux mystères encore grandement inconnus, qui permettent à la nature de se maintenir malgré les exigences rigoureuses, cruelles de l'hiver.

  • Quand la bête humaine devient un mauvais sujet jusqu'à devenir sa bête noire, Christine Van Acker observe plutôt les autres animaux.
    Elle les accompagne un bout de chemin, écoute leurs voix, se glisse en eux, essaie de les voir au plus près de ce qui les anime.
    Elle emprunte ensuite les voies de la littérature pour tenter de les soulager de la charge que nous leur avons mise sur le dos à leur insu afin que puisse advenir un instant la présence nue de ces autres bêtes débarrassées de nous.
    Dans ces courtes chroniques, pleine d'humour et, mine de rien, très sérieusement documentées, on rencontrera des tardigrades, des limaces, des oiseaux, des cochons, ...,et quelques individus étranges.

  • Donner une idée des écrits de Fredrik Sjöberg est à la fois facile et très difficile. Facile parce qu'il suffit d'évoquer la prose envoûtante et mélancolique de W. G. Sebald et de dire : voici la même famille d'esprits, en plus humoristique, plus ludique, mais tout aussi fascinant et profond. Difficile, parce que, comme chez Sebald, c'est une prose inénarrable : la décrire c'est comme décrire un morceau de musique, c'est-à-dire passer à côté de l'essentiel.

    L'histoire ? Bien sûr, il y a une histoire : le narrateur, un entomologiste (comme l'auteur lui-même) commence à s'intéresser au destin d'un homme à facettes multiples : un scientifique, spécialiste des vers de terre, qui fut également historien d'art, viticulteur de renom, photographe, aquarelliste, mais aussi théosophe, ami de Strindberg et un des pionniers du mouvement écologique aux Etats-Unis. Gustaf Eisen (1847-1940) est le nom de cet étonnant personnage dont Fredrik Sjöberg raconte la vie - et en faisant cela, il raconte également la sienne propre : sa passion de collectionneur (d'insectes et de destins énigmatiques), son rapport à son travail, scientifique et littéraire, ses méditations sur la nature, sur la collecte et les collectionneurs, l'art et la science.

    Point de spéculations abstraites, il ne s'agit pas de bâtir un système ; des histoires drôles, des anecdotes, des saynètes constituent la matière première de cette prose à la fois légère et profonde. Une pensée qui vagabonde sans jamais s'égarer ; des rêveries d'un « promeneur solitaire », mettant en scène une foule de personnages, aux destins souvent rocambolesques.

  • Aldo Leopold n'est pas inconnu en France, où Aubier avait publié déjà en 1995 son Almanach d'un comté des sables. Ce recueil était constitué en grande partie du texte éponyme, qu'accompagnaient plusieurs essais. L'Almanach est un texte posthume : Leopold venait tout juste d'en apprendre la publication future lorsqu'il mourut d'une crise cardiaque le 21 avril 1948. Il avait 61 ans et laissait, outre ce dernier manuscrit, une oeuvre considérable comprenant plus de mille textes publiés et inédits, articles, essais, recherches, études. Pour l'essentiel conservés à l'Université du Wisconsin, les écrits de Leopold témoignent aussi de sa contribution essentielle à la structuration de l'écologie comme science et pratique.
    Les textes rassemblés dans ce volume conservent tous un écho aujourd'hui : la déforestation des campagnes (et la destruction des haies, maladie décidément contagieuse) ; l'érosion des terres pauvres ; la destruction des marais ; l'expansion incontrôlée des villes à des fins purement économiques (Leopold a sur le dieu Automobiliste des considérations on ne peut plus lucides) ; la disparition des zones inexplorées ; l'importance des fermiers comme gardiens et conservateurs de la terre ; la surexploitation des forêts ; la bonne gestion du gibier ; la destruction parfois ignare des mauvaises herbes (ou de ce que l'on considère à tort comme telles) et des espèces sauvages. Également au sommaire de notre Pour la santé de la terre, trois essais fondamentaux sur l'écologie de Leopold, "Quelques principes essentiels de la conservation dans le Sud Ouest des États-Unis" (1923), "Éthique de la préservation de la nature" (1933) et "Considérations biotiques sur la terre" (1939) : il y aborde les grands équilibres écologiques et les chaînes alimentaires, à la compréhension desquels il a largement contribué. Pour la santé de la terre fait aussi découvrir un autre "Almanac", celui, dédié à la conservation de la nature, qu'ont reconstitué le philosophe J. Baird Callicott et l'environnementaliste Eric T. Freyfogle, à lire dans le droit fil de L'Almanach d'un comté des sables, avec lequel il partage quelques chroniques. Et l'inclassable "Les prophètes forestiers", où Leopold s'interroge avec la douce ironie qui est l'un de ses registres favoris sur les pratiques écologiques et sylvicoles des anciens Hébreux. Avec les 14 textes, largement inédits en français rassemblés dans Pour la santé de la terre, nous espérons contribuer à la redécouverte en France d'un immense penseur et acteur de l'écologie, dont les écrits à la langue magnifique ont encore valeur d'enseignement.

  • Les bêtes

    Federigo Tozzi

    Cette série de proses brèves auxquelles Tozzi travailla de 1915 à 1917, constamment republiées depuis cette date, ont un seul point commun : dans chacun des 69 fragments, un animal apparaît, de manière fortuite ou marginale, pour parer le récit de sa signification propre. Chaque segment narratif se trouve ainsi relié à toutes les autres par un subtil fil symbolique.
    Deux fragments, le premier et le dernier, donnent la clef du texte. Ils se caractérisent par la présence du seul animal qui, au sein du recueil, semble vivre en accord avec la nature : l'alouette. Cet oiseau représente un besoin d'élévation, de sens, d'accord avec la nature. Dans la premier fragment est décrite la difficulté qu'a l'alouette à vivre dans un monde dominé par l'homme ; dans le dernier, un appel à l'animal afin qu'il revienne au sein de l'âme humaine pour la régénérer.
    Les narrations intermédiaires, dans lesquelles l'alouette n'est pas présente, deviennent des allégories vides. Celles-ci s'attachent à souligner le besoin d'un sens et l'impossibilité de l'obtenir.
    Les Bêtes est également le portrait d'un homme irrité contre la vie et contre lui-même en polémique avec son temps.

    Les Bêtes de Federigo Tozzi est considéré par la critique italienne non seulement comme un des sommets du récit italien du XXe siècle mais, encore, comme le chef-d'oeuvre stylistique de la prose italienne du temps.

  • Saviez-vous que les chauves-souris composent leurs propres chansons, que les souris gloussent si on les chatouille, que les éléphants perçoivent le message d'une congénère à plus de dix kilomètres de distance, que les lamantins détectent un ouragan des jours avant qu'il n'ait lieu, que les cafards résistent même à une explosion nucléaire, que les plantes utilisent un système d'alarme en cas d'agression, que le roi des intellectuels est le corbeau calédonien, qu'une anguille peut générer des décharges allant jusqu'à 600 volts, que le système d'écholocalisation du dauphin est meilleur que le plus sophistiqué des sonars, que le puffin des Anglais aura parcouru au cours de sa vie huit millions de kilomètres, qu'Alex, un perroquet gris du Gabon, est parvenu à saisir la notion abstraite de zéro et à acquérir un vocabulaire de plus de cent cinquante mots, que le moqueur polyglotte est capable de distinguer un visage humain d'un autre, que les connections du cerveau endommagé d'une salamandre se rétablissent à une vitesse étonnante ?

    En synthétisant l'ensemble des découvertes scientifiques les plus récentes sur la vie, le comportement, les aptitudes de certaines espèces animales, les auteurs prouvent que, dans bien des domaines, certains animaux disposent de capacités bien supérieures aux nôtres. Les recherches en cours nous mettent ainsi au défi de reconsidérer la notion même de « nature humaine » que nous tenions pour acquise. Nous pouvons enfin établir que les animaux « savent » des choses que nous ignorons et qui nous permettront d'améliorer non seulement notre compréhension du monde mais nos propres facultés.

  • Sanglier

    Dominique Rameau

    Sybille débarque fortuitement à la campagne, dans une maison qu'on lui prête une semaine. Elle est d'abord perdue, très seule ; mais les rares habitants qu'elle rencontre sont chaleureux. Et surtout dehors, toutes ces choses qu'elle ne connaît que de nom, grillons, oiseaux, herbes, l'intéressent.
    Syb tâche d'en savoir plus. Dynamique et intrépide, elle multiplie les sorties, les explorations, les expériences ; le jour, la nuit ; sur les rochers, dans l'eau glacée, au fond d'un pré. Elle prend des risques. Pour rejoindre les vaches, les lézards, les sons bizarres, la lune, elle invente, varie les approches, dessine, rêve.
    C'est très physique : elle se cogne, s'essouffle, se blesse aux ronces et aux barbelés. Mais elle n'a pas froid aux yeux. Sa solitude semble ici normale : renard, âne, vieille dame farouche et rieuse, adolescente étrange et attirante.
    Chaque jour de cette petite semaine l'éloigne davantage de ce qu'elle maîtrise, l'ouvrant à l'inconnu du monde ; elle s'y livre sans retenue.
    Un roman bref, à une seule aventure et cent cinquante deux herbes, bêtes et gens.

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